Les Jeux au-delà des bosses
Malgré les nombreux obstacles à l’horizon, les JOP d’Hiver de 2030 ont été lancés en présence du nouveau président du Comité d’organisation l’ancien skieur acrobatique Edgar Grospiron.
Philippe Martin
Sera-t-il le Tony Estanguet des Jeux Olympique d’Hiver de 2030 ? Le moins que l’on puisse dire est qu’il était très attendu, Edgar Grospiron, champion olympique en ski acrobatique à Albertville en 1992, tout juste nommé président du COJOP (Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques 2030) après le désistement d’un autre champion olympique, le biathlète Martin Fourcade. Un premier examen de passage devant l’Assemblée générale constitutive du COJOP, à Lyon.

Examen plutôt réussi pour celui que le président de la Région Sud Renaud Muselier a baptisé « Le seigneur des anneaux », rien que cela ! A l’aise malgré la pression inhérente à l’événement, celui qui depuis son sacre olympique est devenu conférencier spécialisé dans le management, a reconnu qu’il était « passé par tous les états » depuis que la proposition lui a été faite de remplacer au pied levé Martin Fourcade, dont la candidature ne faisait pas l’unanimité. En spécialiste, il a reconnu que les cinq années à venir allaient « s’apparenter à un long champ de bosses, il va falloir avoir les cuisses, les genoux et la niaque ! »

Mais le consensus qui l’entoure devrait l’aider à surmonter les obstacles politiques, économiques, écologiques et matériels qui vont se dresser devant lui, à commencer par le budget des Jeux qu’il faudra compléter. Il lui faudra aussi travailler avec les deux Régions co-organisatrices, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes qui n’étaient pas parvenues à le faire avec son prédécesseur présumé.
Il lui faudra encore affronter les inévitables changements politiques : songez que depuis le dépôt de candidature de la France aux JOP de Paris, en 2015, sept ministres des sports se sont succédé !

Dans l’immédiat, le prochain grand oral aura lieu le 20 mars prochain à Athènes, où le successeur de Thomas Bach, actuel président du CIO (Comité International Olympique) sera élu. Parmi les candidats à la succession, le Français David Lappartient, actuel président du Comité national olympique français… ce qui simplifierait peut-être les choses en vue des Jeux de 2030.
Le défi est immense. Faire travailler ensemble les cinq composantes du nouveau COJOP, à savoir les deux Régions, l’État et les deux comités olympique et paralympique. Respecter l’équilibre ente les régions pour les compétitions (certains sites ne sont pas encore définitifs). Faire de ces Jeux un exemple de respect de l’environnement, en un moment où la neige risquera de manquer sur certains sites.

Et surfer sur l’incroyable réussite des derniers JOP : « il n’est pas question de fermer la parenthèse des Jeux de Paris, a lancé Edgar Grospiron. Ce qui a fait la différence cet été, c’est l’engouement et la ferveur. Il faudra qu’on trouve des idées géniales pour amener les Jeux vers les gens ». Et au besoin faire appel à… Tony Estanguet.
Les chiffres des Jeux Olympiques de 2030
5 En milliards d’euros, le budget global des JOP 2030, qui se décomposent comme suite : 2 Md€ pour le COJOP (comité d’organisation), dont 33 % du Comité international olympique, 25 % de fonds publics (Etat et Régions), 25 % des sponsors privés, le reste en billetterie. Et 1Md€ pour la SILDEO (Société de livraison des ouvrages olympiques) qui devra réaménager les sites et en construire (dont la future patinoire de Nice).
2.000 Le nombre de salariés que comptera le COJOP d’ici à 2023. Son siège sera installé à Lyon, à proximité du Groupama Stadium de Décines. Le siège de la SOLIDEO sera pour sa part installé à Marseille, dans les locaux de la Région Sud.

Les participants
Ouverte par Michel Barnier, ancien Premier ministre et représentant spécial de l’État, cette première assemblée générale a réuni les membres fondateurs : le mouvement sportif, David Lappartient, président du CNOSF et Marie-Amélie Le Fur, présidente du CPSF, Marie Barsacq, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Fabrice Pannekoucke, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
