La Nouvelle-Aquitaine se lance à fond dans l’éolien marin
Dotée d’un littoral de 720 km et de ports aux positions géographiques stratégiques, la Nouvelle-Aquitaine offre un potentiel considérable pour soutenir le développement de l’éolien flottant. Elle y prendra une part importante, avec une capacité installée d’au moins 7 GW prévue en 2050.
Philippe Martin
En 2024, la France a affiché sa volonté d’accélérer dans le domaine de l’éolien en mer avec l’objectif de construction d’une cinquantaine de parcs éoliens en mer d’ici 2050 pour une puissance cumulée de 45 GW (gigawatts), contribuant à environ 20 % de l’électricité qui sera produite en France. Pour rappel, 1 GW permet de produire l’équivalent en électricité de la consommation de 1,5 million de personnes.

Étienne Guyot, préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde, Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, et plusieurs acteurs économiques ont présenté un ambitieux plan d’actions en faveur de l’éolien.
Les premiers appels d’offre (AO) pour la construction des parcs seront les suivants :
- Oléron 1 : une puissance de 1 à 1,2 GW en éolien posé grande profondeur, à plus de 39 km des côtes, avec une prévision de mise en service en 2032 et un raccordement par RTE au niveau de la Charente Maritime.
- Oléron 2 : une puissance de 1 à 1,2 GW en éolien posé ou flottant, à plus de 40 km des côtes, avec une prévision de mise en service en 2034 et un raccordement par RTE sur la liaison de renforcement électrique en mer entre la Gironde-Loire-Atlantique (GILA).
- Golfe de Gascogne Sud : une puissance de 1,2 GW en éolien flottant, avec une prévision de mise en service en 2035.
Quelles retombées économiques pour la Nouvelle-Aquitaine ?
L’étude Innosea 2025 sur l’impact socio-économique de l’éolien en mer en Nouvelle-Aquitaine, portée par le Grand Port Maritime de La Rochelle, présente les résultats suivants : 2.2 milliards d’euros de valeur ajoutée captée en région sur 15 ans. Prévision d’emplois annuel moyen : plus de 1.700 postes à temps plein entre 2025 et 2040 ; 165 entreprises régionales identifiées sur l’ensemble de la chaine de valeur de l’éolien ; 393 M€ de dépenses captées en région liés aux opérations portuaires.
Un plan d’actions régional pour structurer la filière industrielle de l’éolien flottant
La France s’oriente clairement vers l’éolien flottant et la Nouvelle-Aquitaine souhaite contribuer à l’émergence d’une filière industrielle, de l’amont à l’aval, sur ces technologies. La région dispose ainsi d’un plan d’actions qui s’articule avec les quatre ports de Nouvelle-Aquitaine, acteurs pivots de cette future filière industrielle : le Grand Port Maritime de La Rochelle, le Port Charente Atlantique, le Grand Port Maritime de Bordeaux et le Port de Bayonne.

Elle s’appuiera également sur les expertises de ses partenaires : le cluster Aquitaine Blue Energies ; l’Agence de Développement et d’Innovation de la Nouvelle-Aquitaine ; le pôle de compétitivité Smart Power, acteur de référence sur les thématiques de l’énergie ; le réseau régional de recherche (R3) TESNA, pour transition énergétique sur la Nouvelle-Aquitaine.
Le plan d’actions régional portera sur le développement économique de la filière mais aussi l’orientation, la formation et l’emploi où différents leviers d’actions sont à envisager avec le Campus des métiers de la mer, l’ensemble des autres dispositifs régionaux activables pour le développement des filières, et le projet CAPéMARE, lauréat de l’appel à manifestation d’intérêt France 2030 « Compétences et métiers d’avenir », pour un soutien de l’État de 3M€.
L’Université de la Rochelle est chef de file de ce programme de formation aux métiers des énergies marines renouvelables. Ce projet, d’un budget de 5 M€, vise à former et professionnaliser 950 personnes et à une acculturation professionnelle de 4000 personnes. Les partenaires sont la région académique Nouvelle-Aquitaine, le GIP FCIP d’Aquitaine, le lycée aquacole et maritime de La Rochelle, le lycée Raoul Mortier à Montmorillon, le Port Atlantique La Rochelle, l’entreprise Bluesign.
Aquitania Wind Energy, un projet d’envergure des ports néo-aquitains pour l’éolien en mer
Avec l‘accompagnement des services de l’État, les quatre ports de commerce néo-aquitains portent le projet « Aquitania Wind Energy » destiné à réaliser les aménagements portuaires nécessaires au développement de la filière industrielle de l’éolien en mer. L’objectif est de structurer un réseau portuaire intégré et compétitif, capable de gérer des opérations de grande envergure, allant de l’assemblage des flotteurs à la maintenance des parcs éoliens en mer.
Les infrastructures seront modernisées et adaptées pour répondre aux besoins particuliers de l’éolien flottant, et notamment la production et l’exportation des éléments en acier pour des flotteurs ou autre composant à Bayonne ; l’assemblage des flotteurs en acier ou béton, et leur mise à l’eau à Bordeaux ; l’intégration des éoliennes sur flotteurs, le stockage des mâts, pales et turbines, et la maintenance des parcs à La Rochelle ; le stockage et l’expédition des équipements d’ancrage (ancres, chaînes) à Rochefort.
Ce projet a été déposé en janvier 2025 à l’appel à projets France 2030 opéré par l’ADEME portant sur les travaux des infrastructures portuaires pour l’industrie de l’éolien flottant. Cet appel à projets est doté de 183 M€.
