La Guyane a désormais son CHU
Le 34ème Centre hospitalier universitaire de France a été créé officiellement et repose sur trois sites.
Philippe Martin
La création du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Guyane marque une étape cruciale dans l’organisation du système de santé du territoire. Elle constitue un levier stratégique pour renforcer les capacités sanitaires et universitaires de la Guyane, tout en positionnant ce nouveau CHU comme un pôle d’excellence sur l’ensemble du plateau des Guyanes. Le CHU de Guyane repose sur les trois sites de Kourou, Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni.

Soignants, enseignants-chercheurs, personnels hospitaliers, élus, représentants des collectivités territoriales et services de l’État – tous ont œuvré, avec détermination et engagement, pour concrétiser cette avancée majeure en matière de santé publique, de formation médicale et de recherche scientifique.
Doublement des lits en soins critiques et filières médicales à la pointe
Au cours de ces cinq dernières années, le nombre de lits en soins critiques a plus que doublé, passant de 26 en 2020 à 56 en 2025, répartis sur les trois sites du CHU. Trois Centres Délocalisés de Prévention et de Santé – à Maripasoula, Grand-Santi et Saint-Georges de l’Oyapock – ont été requalifiés en hôpitaux de proximité. Ils sont désormais dotés de services essentiels : pharmacie, biologie, imagerie, hospitalisation, et bientôt, urgences médicalisées.
Les filières médicales clés sont renforcées : neurologie, cardiologie, cancérologie, avec à la clé des équipements de pointe, des services universitaires et une montée en puissance des capacités. Enfin, depuis la rentrée universitaire 2023, un 1er cycle complet d’études de médecine a été ouvert, permettant aux étudiants de Guyane de rester sur leur territoire jusqu’à la fin de leur 3ème année d’études.

La création des trois hôpitaux de proximité a permis que 11 sages-femmes et quatre médecins supplémentaires renforcent l’offre de soin dans les communes isolées. Le nombre d’hospitalo-universitaires a d’ores et déjà doublé entre 2020 et 2025, garantissant une offre de formation et de soins plus accessible, plus stable et plus ambitieuse. Grâce à ces renforts et à une meilleure structuration des parcours de soins, les évacuations sanitaires programmées hors Guyane ont baissé de 18 %.
Un impératif de justice territoriale attendu
Le nouveau CHU constitue aussi une formidable impulsion pour la recherche. La Guyane accueille désormais l’unité UA17, dédiée à la santé des populations amazoniennes, hébergée dans un nouveau bâtiment : l’Institut de Santé des Populations de l’Amazonie. La direction de la recherche clinique et de l’innovation est en place, et un centre d’investigation clinique autonome verra le jour pour répondre aux enjeux spécifiques du territoire.
Pour Manuel Valls, ministre d’État, ministre des Outre-mer, venu sur place pour ce lancement : « Les Guyanais attendaient ce CHU depuis longtemps. C’est une avancée majeure pour ce territoire si dynamique qui permettra de renforcer l’offre de soins de façon très efficace et au service des habitants. Et à poursuivre une recherche déjà reconnue, au niveau national sur des thématiques essentielles, je pense à la recherche sur les maladies tropicales, véritable joyau scientifique de la Guyane ».
Pour Laurent Linguet, président de l’Université de Guyane, cette convention hospitalo-universitaire est « une réponse stratégique à un impératif de justice territoriale. Pendant longtemps, les jeunes Guyanais devaient partir loin et souvent ne revenaient pas. Nous pourrons dès demain dire, venez vous former, venez vous accomplir, venez continuer à transformer votre territoire ».
