La Bretagne sanctuarise son budget culture !
Est-ce pour marquer la différence avec sa voisine des Pays de la Loire, qui a réalisé de fortes économies dans le secteur culturel ? Toujours est-il que la Région Bretagne a annoncé qu’elle « sanctuarisait » son budget culture en 2025.
Philippe Martin
La Bretagne est l’une des régions de France les plus denses en matière de festivals. Musique, cinéma, danse, arts de la rue… Cette année encore, l’été voit fleurir quantité de rendez-vous de toutes tailles, souvent portés par des associations et leurs bénévoles, qui célèbrent le patrimoine ou font la part belle aux nouvelles esthétiques culturelles.
De Quimperlé à Trévou-Tréguignec, en passant par Carhaix ou Binic, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, et Gaëlle Le Stradic, vice-présidente à la Culture, ont rencontré les acteurs culturels bretons tout l’été pour rappeler l’engagement de la Région, qui se traduit notamment en 2025 par un budget « sanctuarisé » dédié à la culture, aux sports et aux langues.
Un budget de 28 M€ pour la culture
En 2025, la Région maintient les moyens alloués à la culture : 28 M€ (sans compter le patrimoine). C’est « un choix politique fort qui s’inscrit dans la durée puisque renouvelé chaque année depuis 2021 ». La collectivité tient à « demeurer un pilier solide, un appui fiable sur lequel le monde culturel sait pouvoir compter ». Pour autant, la Région « ne prétend pas que ce maintien suffise à répondre à toutes les tensions, a fortiori si les autres niveaux de collectivité sont contraints de réduire leur engagement en la matière. »
« un choix politique fort qui s’inscrit dans la durée »
Le secteur fait face, en effet, à de sérieuses difficultés, matérialisées par des baisses de diffusion des équipes artistiques bretonnes (- 50 % en termes de dates en 2024), la fermeture de l’emblématique maison d’édition Coop Breizh ou du centre de création Amzer Nevez.
S’engager dans les transitions
Néanmoins, ce contexte n’entame pas le volontarisme des artistes et acteurs culturels du territoire, comme en témoigne, cette année encore, la diversité des festivals, de toute taille et de tout style.
La collectivité encourage ces événements à poursuivre leur engagement en faveur des transitions, accompagnés en cela par le Collectif des festivals à qui l’État et la Région ont confié une mission en ce sens. Les actions en faveur de l’égalité femmes / hommes seront également encouragées.
Défendre les « droits culturels »
La Région a également fait de la défense des « droits culturels » une de ses lignes de conduite. Cela passe par des projets ancrés dans les territoires, toujours plus à l’écoute des habitants. Les conventions territoriales de développement culturel, initiées par la Région, continuent de se déployer. Elles ont notamment permis la création d’un spectacle co-écrit avec des collégiens dans le Haut Pays Bigouden, ou avec des résidents d’EHPAD à Lannion Trégor Communauté.
L’éducation artistique et culturelle constitue également un axe central de ces « pactes » de territoire, particulièrement au profit des moins de 25 ans. Les compagnonnages artistiques entre lycées, artistes ou festivals se renforcent. Trois lycées se sont vu proposer un « jumelage » de ce type cette année : Bel-Air à Tinténiac avec la Nouvelle Vague, scène de musiques actuelles, l’Elorn à Landerneau avec le festival radio Longueurs d’Ondes et Fulgence-Bienvenüe à Loudéac avec le cinéma Quai des images.
Enfin, la Région Bretagne et le ministère de la Culture ont signé à Morlaix un « contrat de territoire pour la culture », afin notamment de conforter et soutenir le dynamisme de la création artistique en Bretagne.
