Grand Est : les grandes manœuvres
En cette période de tension internationale, le conseil régional du Grand Est a décidé de renforcer sa coopération avec les forces et l’écosystème militaires.
Philippe Martin
Certes, les Régions ne font pas la guerre. Ou du moins, pas directement. Mais elles abritent sur leur territoire, à la fois des représentants de nos forces armées, et des écosystèmes liés à l’activité militaire. Il est donc logique qu’en cette période de tension internationale extrême, plusieurs conseils régionaux aient décidé de soutenir et de renforcer leur industrie de défense et la présence militaire sur leur territoire.

C’est le cas du Grand Est, qui lors d’une séance plénière a approuvé un engagement commun visant à préparer, d’ici fin 2025, une nouvelle convention de partenariat pluriannuelle avec le ministère des Armées.
Une coopération renforcée
Trois axes de coopération ont ainsi été définis. D’abord le soutien à la Base industrielle et technologique de défense (BITD), en accompagnant les entreprises régionales de la filière, en sécurisant les approvisionnements, et en facilitant l’accès aux marchés de la Défense pour les PME et les ETI régionales.

Ensuite, la promotion des métiers de l’Armée. Au menu, campagnes de communication ciblées, sensibilisation dans les établissements scolaires, soutien aux dispositifs d’insertion comme le SMV (Service Militaire Volontaire).
Enfin, le renforcement de l’ancrage territorial des forces armées, en facilitant l’accueil des familles, le logement, ou encore l’accès à l’emploi des conjoints.
L’armée, un levier économique majeur
Il faut préciser que la présence militaire dans le Grand Est représente un levier économique majeur. En 2022, 1.818 entreprises de la région ont bénéficié de 124 M€ de paiements directs du ministère des Armées (source : Observatoire économique de la Défense, 2024). Par exemple, à Saint-Dizier, dans la Haute-Marne (BA 113), une personne sur vingt est directement concernée par l’activité de la base. À Étain (3e RHC), ce sont près de 1.500 personnes qui en dépendent économiquement.
Pour le président de Région Franck Leroy, il s’agit notamment « d’accompagner les entreprises de défense dans le passage à haute intensité ». D’où l’idée d’un contrat Armée/Région à mettre au point d’ici l’automne, via trois groupes de travail associant les services de l’État, les représentants des Armées, les élus régionaux et les acteurs socio-économiques concernés. Ces groupes porteront sur la filière défense, l’attractivité des métiers, et l’ancrage territorial. Les commissions du Conseil Régional les plus concernées seront mobilisées. Un comité de pilotage assurera la coordination et la définition des priorités d’action.

Au passage, le gouverneur militaire de Metz et général de corps d’armée Pierre Meyer, présent lors de cette session, a souligné « le travail réalisé par 13 conventions locales déjà existantes », permettant un « ancrage des unités de l’Armée dans le tissu régional ».
Armées et Grand Est, les chiffres
36.000
Le nombre de militaires présents sur le territoire régional
23
Le nombre de régiments, auxquels il faut ajouter deux bases aériennes.
3ème
Le classement du Grand Est en matière d’effectifs militaires.
4
Le nombre de pays frontaliers du Grand Est (Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse), un cas unique qui lui confère une position géostratégique centrale dans le dispositif de défense européen.
830
Le nombre de jeunes qui ont bénéficié depuis 2022 via le SMV d’une formation citoyenne et professionnelle, financée par la Région.
