Tiers Lieux agroalimentaire : La Région Nouvelle-Aquitaine cheffe de file du projet européen ATLAS
Dans le cadre de l’appel à projet SUDOE (Sud-ouest européen), qui permet les coopérations entre pays européens du sud de l’Europe, la Région Nouvelle-Aquitaine s’est positionnée comme cheffe de file du projet européen ATLAS (Accompagnement des Tiers-Lieux Agroalimentaires de l’espace SUDOE), en partenariat avec Fab’Lim (laboratoire des territoires alimentaires méditerranéen), la Coopérative Tiers-Lieux, trois partenaires espagnols et deux portugais. Il a démarré le mardi 1er juillet 2025.
Philippe Martin
L’objectif principal est d’améliorer la connaissance et la reconnaissance des tiers-lieux dits « nourriciers », qui reconnectent agriculture et alimentation au travers d’activités de production, de transformation, de de formation et/ou de développement local, et qui croisent divers publics en réponse aux enjeux de leurs territoires.
« La Région Nouvelle-Aquitaine s’est engagée en tant cheffe de file d’un projet qui a été positionné en 3ème position sur 34 propositions adressées dans le cadre de cet appel à projets, et qui vise à améliorer les connaissances et soutenir le développement des tiers-lieux nourriciers en Nouvelle-Aquitaine », précise Mathieu Hazouard, conseiller régional délégué aux enjeux numériques et aux tiers-lieux.

Le budget s’élève à 1.89 M€, pris en charge par les fonds européens FEDER (Fonds européen de développement régional – programme INTERREG SUDOE).
Le consortium mobilise 8 partenaires :
- 3 autorités publiques dont 2 régionales : la Région Nouvelle-Aquitaineen France, la Junta de Estremadura en Espagne, et la Communauté de communes du Baixo Alentejo (CIMBAL) au Portugal ;
- 3 coopératives : Actyva Coopen Espagne, La Coopérative Tiers-lieux en France, et Regenerativa au Portugal ;
- 1 association à but non lucratif : Fab’Lim, le labo des territoires alimentaires méditerranéens (34);
- 1 fondation : la Fondation para la Repoblación Sostenibile.
Qu’est-ce qu’un tiers-lieu nourricier ?
Il s’agit d’espaces visant à reconnecter agriculture et alimentation au travers d’activités de production, transformation alimentaire, formation et sensibilisation, développement local, et croisant divers publics en réponse aux enjeux de leur territoire. Les tiers-lieux nourriciers peuvent associer un espace test agricole, accompagner des producteurs, leur proposer une activité complémentaire. Par exemples : une plateforme de compostage partagé entre citoyens et agriculteurs, cuisine et repas partagés, ateliers partagés qui développent, forment et facilitent la fabrication et la maintenance d’outils et de machines agricoles, jardins familiaux/partagés, événementiel… Quels que soient leurs typologies, les tiers-lieux nourriciers ont tous en commun l’approche agroécologique. Enfin, ils s’inscrivent au cœur de Néo Terra, la feuille de route du Conseil régional pour accélérer les transitions écologique et énergétique.
La Nouvelle-Aquitaine, les tiers-lieux et l’agriculture
La Région Nouvelle-Aquitaine développe une politique volontariste en faveur des tiers-lieux depuis 2012, en partenariat avec la Coopérative Tiers-Lieux qui fédère et accompagne le réseau des 230 tiers-lieux néo-aquitains.En 2022, la Coopérative Tiers-Lieux a fait une première enquête et caractérisation des tiers-lieux nourriciers de Nouvelle-Aquitaine. 42 ont été recensés. La Région a ouvert son soutien aux tiers-lieux agricoles (terres agricoles partagées, ou Tiers-Lieux Nourriciers – TLN).
Par ailleurs, la Région porte une stratégie régionale agricole et alimentaire, déclinée dans le Pacte Alimentaire pour une alimentation durable et locale. La Région encourage le soutien à l’installation, à la dynamique des espaces tests, aux ceintures vertes maraichères. Elle encourage les démarches alimentaires de territoires, la structuration des filières locales alimentaires et contribue au développement de circuits alimentaires locaux. Les tiers-lieux nourriciers sont intégrés dans cette stratégie.
En 2023, Fab’Lim et la Coopérative Tiers-Lieux ont animé l’atelier « nourricier » de la rencontre « Tiers-Lieux pour l’Europe », à l’occasion duquel les participants de plusieurs pays ont souligné l’intérêt d’un travail à l’échelle transnationale pour faire connaître et reconnaitre les tiers-lieux nourriciers et soutenir leur développement. C’est ainsi qu’en 2024, la Coopérative Tiers-Lieux et l’association FAB’LIM se sont rapprochés de la Région Nouvelle-Aquitaine, pour présenter un projet d’approfondissement de cette l’étude menée en Nouvelle-Aquitaine en 2022-2023, tout en mêlant l’approche transnationale.
Dans ce contexte, la candidature à l’appel à projets INTERREG SUDOE est alors apparue comme une opportunité pour la Région Nouvelle-Aquitaine de mener ces travaux, en partenariat avec Fab’Lim et la Coopérative Tiers-Lieux et de renforcer son action à l’international en accord avec la stratégie ESS adoptée pour la période 2025-2028.
Quels sont les objectifs du projet ATLAS ?
Le projet vise à revitaliser les territoires ruraux et intérieurs, créer des opportunités économiques et assurer le renouvellement générationnel, en appuyant la création et la consolidation de tiers-lieux nourriciers, associatifs ou coopératifs. Ces lieux impliquent des collectifs hétéroclites autour d’activités de production agroécologique et d’alimentation durable, et portent diverses innovations par et pour tous.
En valorisant l’apprentissage par le faire et les processus participatifs, ils contribuent à renforcer les liens sociaux, le pouvoir d’agir des communautés et l’accueil de talents.
En favorisant l’entrepreneuriat, la création d’outils mutualisés et les coopérations, ils sont un levier de développement économique et d’emplois.
En intégrant les enjeux de souveraineté alimentaire, ils ont un impact positif sur le système alimentaire local.
Les projets pilotes qui seront accompagnés se situent en Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Estrémadure, Andalousie, Cantabrie, Alentejo. La coopération transnationale permettra de multiplier les sources d’inspiration, de tirer parti des expériences les plus avancées et de faire reconnaître largement les tiers-lieux nourriciers.
La durée du projet est de 3 ans. Démarré le 1er juillet 2025, il se terminera le 30 juin 2028.
