Collectivité de Corse : un Gilles remplace l’autre
Philippe Martin
Gilles Giovannangeli succès à Gilles Simeoni à la présidence de la CTC
C’était prévu : à partir du moment où il était réélu maire de Bastia, Gilles Simeoni quitterait la présidence de la Collectivité territoriale de Corse qu’il occupait depuis dix ans. Après un intérim à la présidence exercé par Bianca Fazi depuis sa démission le 21 avril, c’est Gilles Giovannangeli, 56 ans, candidat de la majorité “Fa Popumu Inseme”, qui a été élu pour lui succéder, à une large majorité face au candidat de droite Jean-Martin Mondoloni.
Personnalité discrète, le nouveau président a exercé de multiples fonctions et mandats sur l’île. Maire de Lecci entre 2001 et 2014, Gilles Giovannangeli a été directeur régional de BGE, un réseau qui vient en aide aux entrepreneurs et encourage la création d’entreprises.

Conseiller exécutif de Corse depuis les élections de 2021, en charge du développement économique, du budget et des finances, il a présidé l’Office d’équipement hydraulique de l’île avant d’être nommé président de l’ADEC, l’Agence du Développement Économique de la Corse, en 2025. Autant d’organismes de première importance dans l’économie générale de la Corse.
Ancien prisonnier politique
Pourtant c’est un autre aspect de son passé qu’a évoqué Gilles Simeoni en lui passant le témoin : « Je suis fier que Gilles Giovannangeli soit le premier prisonnier politique corse à briguer et je l’espère à être investi comme président du conseil exécutif de Corse ».
En effet, alors qu’il était âgé de 19 ans, Gilles Giovannangeli avait été condamné à 5 ans de prison dont deux avec sursis, pour un attentat revendiqué par le FLNC et visant une banque. Une peine effectuée durant 30 mois à Ajaccio, à Bastia et aux Baumettes. Il avait ensuite pris ses distances avec ce courant.
Gilles Giovannangeli a prononcé son premier discours au conseil exécutif en corse et en français, rappelant les fondamentaux du nationalisme corse, dont la co-officialité de la langue corse, la reconnaissance du peuple, le statut de résident et l’autonomie.
Il a aussi rendu hommage à sa sœur, Marie-France Giovannangeli, disparue il y a trois ans, militante nationaliste, grande figure du syndicalisme en Corse et créatrice d’un collectif anti-mafia.
Il a enfin évoqué les principaux chantiers qui l’attendent : rénovation des collèges et des lycées, modernisation du réseau routier et des logements. De son côté, Gilles Simeoni reste membre du conseil où il aura en charge une autre question capitale pour l’avenir de la Corse, celle de « l’autonomie du le suivi du processus devant le Parlement ».
