Achats responsables, relocalisation de l’emploi : la Bretagne doublement récompensée !
Philippe Martin
La Région Bretagne vient d’être doublement récompensée pour deux de ses politiques publiques. Elle a tout d’abord reçu le label RFAR (Relations Fournisseurs et Achats responsables) qui souligne une « politique d’achat structurée et engagée, avec des résultats concerts et mesurables ». Label remis chaque année par le Médiateur des entreprises et le Conseil national des Achats.
La Région Bretagne dépense environ 300 M€ par an pour l’ensemble de ses achats, dont plus de 78 % attribués à des entreprises bretonnes, et plus de la moitié à des PME-TPE. Et le schéma 2026-2028 adopté par les élus entend renforcer ces résultats, avec notamment 100 % des contrats intégrant de critères environnementaux et sociaux.

Photo Région Bretagne.
La Région s’engage par ailleurs à intégrer des produits de qualité dans les cantines scolaires, et à soutenir les producteurs locaux. La quantité de denrées alimentaires sous signe de qualité servie dans les lycées publics de Bretagne est ainsi en constante amélioration : 40 % fin 2025, dont 25 % de produits bio (record français dans cette catégorie).
A noter que la Région Bretagne est une des premières collectivités françaises reconnues pour l’exemplarité de sa politique d’achat.
« Relocaliser pour durer »
Elle a par ailleurs reçu la Victoire de l’Innovation dans la catégorie “Innovation”, pour le programme “Filières industrielles bretonnes : relocaliser pour durer”, lors d’une cérémonie organisée à l’Assemblée nationale.
Chaque année en effet, le groupe Acteurs publics, auquel appartient Régions Magazine, décerne ses Victoires aux meilleures initiatives observées durant l’année dans la fonction publique, afin d’honorer celles et ceux qui, sur le terrain, agissent en faveur de services de qualité.
Piloté par Loïc Hénaff, élu régional et président de l’agence économique Bretagne Next, le programme Relocalisons.bzh répond à un objectif clair : « aider les entreprises à s’approvisionner au plus près pour gagner en souveraineté, préserver l’emploi local et réduire les impactsenvironnementaux et sociaux de leurs achats ».
le coût du transport.
En Bretagne, une étude menée il y a cinq ans a mis en lumière un potentiel de 130.000 emplois et 5,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, relocalisables à l’horizon 2030, ainsi qu’une réduction possible de 3,9 millions de tonnes de CO2. Les secteurs identifiés comme pouvant le plus relocaliser leurs achats sont l’agroalimentaire, les emballages, la plasturgie, la mécanique, le levage, les technologies de l’information et les déchets non dangereux.
Fort de ce constat, le projet Relocalisons.bzh a fédéré un large écosystème : MEDEF, UIMM, ABEA (agro-alimentaire), Produit en Bretagne, CCI, FFB (bâtiment), Banque des Territoires, Conseil National des Achats, ADEME, CRESS (économie sociale et solidaire)…
Relocalisons.bzh se décline entrois volets : sensibiliser les dirigeants, créer de nouvelles relations acheteurs / fournisseurs et (re)localiser les activités. Au total, 13.000 entreprises ont été sensibilisées, et 3.200 ont participé à des sessions de sourcing ou de mise en relation avec des fournisseurs.
Bretagne Next dispose sur son site d’outils faciles d’accès pour franchir le pas. Ils permettent notamment de calculer le « coût total de détention » (TCO, total cost of ownership), pour évaluer le coût global d’un achatau-delà du seul critère du prix (transport, durabilité, etc.).
L’Indice breton de l’achat local (IBAL) est également disponible en ligne : chaque organisation peut rapidement connaître la part de fournisseurs locaux dans ses achats. Objectif de cet outil unique en France : mesurer, comprendre et réorienter les flux économiques vers le tissu productif breton, ou, à défaut, du reste de la France ou de l’Europe.
Depuis le 1er janvier, ces outils sont intégrés aux dispositifs de soutien aux entreprises de la Région Bretagne.
