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Par Manon Perelli
10 janvier 2018
© Manon Perelli Régions Magazine. Photo homepage : Jaqueline Gourault entourée de Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni. Ci-dessus : La ministre a longuement conversé avec le président de l’exécutif corse.

“Madame Corse” ouvre la porte du dialogue

Jacqueline Gourault a rencontré à Ajaccio les dirigeants nationalistes qui ont salué un déblocage dans les discussions avec Paris.

Elle est la “Madame Corse” du gouvernement. Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, s’est rendue sur l’île les 5 et 6 janvier, pour la première fois depuis qu’elle est en charge du dossier. Un déplacement à l’agenda chargé, avec en point d’orgue une rencontre à l’Hôtel de Région avec les dirigeants nationalistes, le président de l’Exécutif de Corse, l’autonomiste Gilles Simeoni et le président de l’Assemblée de Corse, l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni. Des entretiens qui lui ont permis de développer deux axes principaux.

“Nous avons d’abord parlé de la mise en place de la nouvelle collectivité unique. C’est une entreprise importante car il faut fusionner trois collectivités”, a-t-elle indiqué en précisant avoir proposé l’aide du gouvernement dans cette entreprise. Chose plus inattendue, ces entretiens ont également porté sur la réforme constitutionnelle générale annoncée par le gouvernement et la possibilité d’intégrer la Corse dans celle-ci. Nous avons le projet de remplacer le droit à l’expérimentation par le droit à la différenciation. On va permettre une meilleure adaptation aux différents territoires. C’est quelque chose qui pourra débloquer un certain nombre de sujets concernant la Corse”, a-t-elle expliqué.

Au sortir de son entrevue avec la ministre, Gilles Simeoni a salué un état d’esprit extrêmement constructif. Un point de blocage politique et juridique est aujourd’hui levé puisque nous avons clairement en perspective la révision constitutionnelle et l’intégration de la Corse dans celle-ci”, s’est-il réjoui.

“On est aujourd’hui clairement en présence d’un déblocage de la question constitutionnelle, ce qui n’est pas rien et ce qui est de bon augure”, a renchérit pour sa part Jean-Guy Talamoni.

Cependant, des lignes rouges semblent et d’ores et déjà se dessiner dans le dialogue avec le gouvernement, notamment sur la demande de la co-officialité de la langue corse portée par les nationalistes. La langue de la République est le français, a souligné la ministre en réaffirmant : “la co-officialité n’est pas envisageable”.

Les rendez-vous s’enchaînent pour Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni qui seront reçus à Matignon par le Premier ministre, Edouard Philippe, le 22 janvier, avant de rencontrer Gérard Larcher, le président du Sénat, le lendemain. Le président de la République, Emmanuel Macron, se rendra quant à lui à Ajaccio le 6 février afin d’assister à la cérémonie de commémoration des 20 ans de l’assassinat du préfet Erignac.

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