LA VIE DES RÉGIONS
21/12/2023
Total Energies

En route vers la « transition juste »

À l’initiative de la Compagnie TotalEnergies, des ateliers de réflexion autour de la transition énergétique se sont mis en place en Centre-Val de Loire. Premiers bilans.

Une centaine d’invités réunis dans une ambiance détendu et studieuse : le LAB’O d’Orléans a fait le plein en ce soir d’octobre, pour la restitution d’un travail de réflexion unique en son genre. Réflexion sur un sujet majeur : comment réussir la transition de notre économie vers un modèle décarboné, afin d’arriver à une neutralité carbone à l’horizon 2050.

La Direction France de la Compagnie TotalEnergies s’est emparée de ce sujet, initiant dès mars 2022 un cercle de réflexion intitulé « Territoires : des énergies et au-delà ! », intégrant des parties prenantes venues d’horizons divers pour dialoguer et élaborer des pistes de solutions. Ces cercles de réflexion ont été créés dans chaque région française ; à chacune de choisir ses thèmes majeurs et ses modes opératoires.

En Centre-Val de Loire, c’est Annick Noble, directrice régionale de TotalEnergies, qui a mis en place avec dynamisme et conviction les premières réunions de travail il y a plus d’un an, réunissant un panel de personnalités d’horizons complémentaires : conseil régional, collectivités, Etat, associations engagées dans la transition, syndicats, organismes de formation, université, monde de l’entreprise. « L’idée directrice était de se mettre autour d’une table, et de se dire que l’on veut avancer ensemble vers la transition énergétique » souligne Annick Noble.

La tâche peut paraître ardue, au vu des intérêts parfois très opposés des 37 participants issus des 34 organisations engagées dans ce dialogue. Cependant la mécanique s’est mise en route et c’est ainsi qu’est née la dénomination générique de ces travaux : « Les Dialogues de la Transition Juste en Centre-Val de Loire ».

Partant du principe que l’énergie doit être disponible, abordable et durable, la mission de ce groupe de travail a été d’identifier les « trous dans la raquette » des dispositifs en place, et d’élaborer des pistes d’amélioration de l’existant, tout en garantissant la cohésion sociale des territoires. L’ensemble des contributions est rassemblé dans un Livre Blanc, et servira de point de départ pour des plans d’action et de responsabilisation des parties prenantes, dans le cadre des objectifs de l’horizon 2050.

Ensuite est venue l’heure des choix, car l’éventail des thèmes autour de la transition est large. C’est là que la spécificité régionale a pris toute sa place ; deux grands axes caractéristiques du Centre Val de Loire ont émergé : les mobilités et la formation.

La mobilité représente un enjeu fondamental pour les quelque 2,5 millions d’habitants de la région, dont environ un million d’actifs. Ces usagers effectuent des trajets plus ou moins longs, combinant des lieux d’habitation situés souvent en périphérie urbaine, et des lieux de travail ou de loisirs parfois très éloignés. Y compris des déplacements vers l’agglomération parisienne. « Le sujet central n’est pas le déplacement en zones urbaines, mais bien la mobilité au sein et à partir des zones rurales » alerte Annick Noble.

Jacques Portalier du Shift Project va plus loin : « Décarboner la mobilité ce n’est pas simplement changer de voiture, c’est aussi revoir notre politique urbanistique et d’aménagement du territoire ». Parmi les questions soulevées, le maillage territorial des transports publics, la mise en oeuvre de solutions de mobilités douces ou partagées, le déploiement de bornes de recharge pour permettre le développement du parc de véhicules électriques ou hybrides.

Déjà 15 % d’emplois “verts” en Centre-Val de Loire

Avec à la clef une réflexion sur les responsabilités des acteurs : partage des rôles entre Région, Métropoles, Départements ou communes, limites des moyens de la puissance publique, mise en action d’engagements de la sphère privée. Le chemin vers une décarbonation des mobilités est encore long…

Côté formation, la question centrale reste de savoir comment adapter l’offre pour accélérer la transition énergétique. Le besoin de main d’oeuvre qualifiée pour ces nouveaux métiers va croissant, alors que les formations correspondantes souffrent parfois d’un manque de reconnaissance, de valorisation et de notoriété, surtout les formations technologiques et industrielles.

« Pour rendre ces métiers attractifs, il faut tout d’abord qu’ils soient connus, créer une émulation pour des secteurs, énergie et écologie, qui ne manquent pas de sens » affirme Éric Blond, président de l’Université d’Orléans. L’autre volet de ces enjeux concerne la capacité à identifier les compétences nécessaires aux métiers de demain. Ainsi que l’indique Julien Deroubaix, coordinateur au Medef Centre Val de Loire : « Aujourd’hui, environ 20 % des formations délivrent des qualifications qui ne serviront que peu ou pas ». Le Centre Val de Loire peut néanmoins être fier d’afficher un taux de 15,2 % d’emplois régionaux dits “verts” ou “verdissants”.

Cette réflexion collective initiée par TotalEnergies arrive en tout cas à point nommé pour nourrir de façon opérationnelle les travaux des parties prenantes régionales dans la nécessaire transition énergétique. De quoi donner le sourire aux invités du LAB’O d’Orléans !

Michel Stevens

La publication issue de ces travaux est à retrouver ici.

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