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Philippe Martin
02/05/2020
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Le 22 avril, Renaud Muselier livrait 5 millions de masques, commandés par la Région Sud.

Vente de masques : le coup de colère de Renaud Muselier

Le président de Régions de France exige de connaître l’origine des masques vendus par la grande distribution.

L’annonce que les enseignes de la grande distribution allaient mettre en vente dès le lundi 4 mai des centaines de millions de masques “à prix coûtant” (on parle de 400 millions de masques à 50 centimes l’unité, très au-dessous du plafond légal fixé à 95 centimes) a provoqué des réactions indignées du monde médical. Sept Ordres de professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmières, kinés, etc.) s’étonnent de l’abondance soudaine du nombre de masques annoncés.

Toute guerre a ses profiteurs, écrivent-ils dans un communiqué très virulent. Comment s’expliquer que nos soignants n’aient pas pu être dotés de masques quand on annonce des chiffres sidérants de masques vendus au public par la grande distribution ?” avant de poursuivre : “où étaient ces masques quand les soignants ou les patients les plus fragiles en avaient besoin ?”

Colère largement relayée ce 2 mai par le président de Régions de France Renaud Muselier, qui “donne trois jours à la grande distribution pour prouver qu’elle n’avait pas de stock secret de masques pendant la crise”.

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“Alors que notre pays connaît une situation exceptionnelle, d’où découle une pénurie incontestable de masques, et suite à l’annonce par le Gouvernement de la mise en vente de ces masques, jusqu’alors quasi introuvables pour la population, ces enseignes annoncent, à grand renfort de communication, la mise en vente de centaines de millions de ceux-ci (notamment la société Carrefour, Lidl, Super U et Intermarché), s’indigne-t-il dans un communiqué.

Notre Région a eu de très grandes difficultés pour en faire livrer, pour les distribuer notamment à l’Agence Régionale de Santé, alors que les besoins pour les soignants étaient urgents et massifs. Je ne peux donc que m’étonner de la possibilité pour ces magasins d’en disposer de plusieurs centaines de millions, si on en croit la communication de ces entreprises.

Ces difficultés de livraison ont été constatées et partagées par nombre de collectivités et notamment par nombre de Présidents de Région, avec lesquels je suis en contact permanent en tant que Président de Régions de France.

Par l’intermédiaire de mon avocat, j’ai donc demandé la justification complète de l’achat de ces masques, date de commande et surtout date de livraison à l’appui. Je donne trois jours à la grande distribution pour prouver qu’elle n’avait pas de stock secret de masques pendant la crise !

S’il était avéré que ces commandes et ces livraisons sont très largement antérieures à la mise en vente ce lundi, dans les établissements de ces enseignes, cela signifierait une chose très claire : pendant que notre pays subissait une pandémie mondiale et sans précédent, ces entreprises ont stocké des produits de première nécessité et ne les ont pas mises en circulation, dans un but commercial et de communication. Si cela était confirmé, je déposerais immédiatement une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui, conformément à l’article 223-1 du code pénal, et non-assistance à personne en danger, selon l’article 223-6 du code pénal”, conclut le président de la Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur.




Michel-Edouard Leclerc : “Il faut arrêter le délire”

De son côté, Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la grande distribution, précise que “les chiffres annoncés sont ceux des commandes passées, qui arriveront progressivement. Nous sommes fiers d’avoir été sollicités par le gouvernement pour fournir des masques à tous les Français. Cette polémique n‘a pas lieu d’être”.

Michel-Edouard Leclerc, patron des magasins Leclerc, complète : “E. Leclerc a, pour sa part, sécurisé un approvisionnement croissant de masques et de gants. Ils arriveront progressivement à partir de la semaine prochaine dans les magasins qui informeront les clients au fur et à mesure des arrivages. Il n’y a pas de stock caché dans un hangar, faut arrêter le délire !”

Une chose est sûre : comme depuis le début de l’épidémie, ces fameux masques n’ont pas fini de faire parler d’eux…

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