LES SUPPLÉMENTS DE RÉGIONS MAGAZINE
par Philippe Martin
4 octobre 2018
Mariage japonais sur le pont Alexandre III. Les visiteurs asiatiques constituent une cible prioritaire pour le tourisme francilien. © Jarry-Tripelon CRT Paris Île-de-France.

L’année des records

Le tourisme francilien bat de nouveau des records après un recul dû aux attentats. Pour le Comité régional du tourisme, il s’agit de faire fructifier ce succès, et d’en faire bénéficier tout le territoire.

Ces trois dernières années, la trajectoire du tourisme francilien aura ressemblé à celle d’un yo-yo. Après une période faste, 2016 restera comme “l’annus horribilis” à la suite de la vague d’attentats, avec une chute importante de la fréquentation, en particulier des touristes étrangers. Mais sous l’impulsion conjuguée de la Région, du Comité régional de Tourisme et d’Atout-France, la remontée s’est amorcée dès 2017, avec une hausse de 10 % de la fréquentation et plus de 48 millions de visiteurs accueillis. Malgré le handicap des grèves à répétition, qu’il s’agisse des avions ou des trains, 2018 suit la même trajectoire, ainsi qu’en témoignent les chiffres révélés par le CRT à la fin de l’été (lire en encadré).

Mais malgré l’attrait de la ville-monde qu’est Paris, tout cela ne s’est pas fait en un clin d’œil. Il aura fallu un véritable plan d’urgence impulsé par le conseil régional, un plan de relance doté de 8 M€, un nouveau “schéma de développement pour le tourisme et les loisirs”. Et bien sûr, la volonté conjuguée des acteurs de terrain, emmenés, motivés, “boostés” par le CRT.

Lequel a subi un lifting en début d’année : nouveau président avec Éric Jeunemaître, nouveau directeur général avec Christophe Decloux, objectifs renouvelés… “C’est vrai que nous sommes partis sur la base d’un véritable challenge, admet le nouveau président, par ailleurs adjoint au maire de Provins (Seine-et-Marne). Je tiens d’abord à rendre hommage à l’action de mes prédécesseurs, à l’implication des 150 salariés du CRT, et bien sûr je me réjouis du tandem que nous formons avec mon directeur général”. Car les enjeux ne sont pas minces.

 

Le spectacle féérique des Grande Eaux Nocturnes. © Château de Versailles Nicolas Chavrance.

 

Il s’agit d’abord d’encourager davantage d’étrangers à venir ou à revenir à Paris. Si le nombre des Japonais était en recul, si les Anglais subissent déjà de plein fouet les conséquences de l’avant-Brexit, d’autres nationalités se font de plus en plus présentes, Russes, Allemands, Italiens et Espagnols, mais aussi Américains et bien sûr Chinois, en direction desquels une stratégie spécifique est mise en place (lire en encadré). Le renouvellement de l’opération “Do you speak touriste ?”, qui décortique dans une brochure très détaillée éditée à l’intention des professionnels, les habitudes de vie et de consommation des touristes étrangers, est à cet égard révélatrice d’une volonté commune : celle de faire de Paris, mais aussi de toute l’Île-de-France, un territoire d’accueil pour visiteurs du monde entier. “Nous le poursuivons, nous l’amplifions en l’ouvrant à 18 nationalités différentes, nous l’élargissons à l’ensemble du territoire francilien”, explique Éric Jeunemaître.

Ce qui se traduit par toute une série de mesures concrètes, à commencer par ces 1.600 volontaires du tourisme sur les deux années, étudiants en BTS, Master ou CFA, parlant au minimum deux langues, formés par les équipes du CRT et déployés sur des sites tels que le Louvre, le Château de Versailles, les Galeries Lafayette ou les Aéroports de Paris. Facilement identifiables grâce à leurs gilets violets, ils se sont très vite fondus dans le décor, et donnent de l’accueil francilien une image à la fois jeune, souriante et efficace, très appréciée des touristes étrangers.

Autre mesure : le Paris Region Pass, un titre touristique combinant offre de transports publics et visites, qui va voir le jour dès le mois de septembre à l’occasion de la Ryder Cup, la plus grande compétition internationale de golf qui aura lieu du 28 au 30 septembre à Saint-Quentin-en-Yvelines. Un support de format carte de crédit qui donnera accès au réseau de transports, mais aussi à des croisières sur la Seine, à des excursions en bus touristiques ou aux principaux musées. Coût : 60 à 189 € en fonction du nombre d’excursions choisies. En 2017, un premier test mené par le CRT, qui proposait seulement trois excursions pour 50 € via le “Bracelet Paris Région Pass” avait connu un succès prometteur.

 

Derrière les monuments mondialement célèbres, Paris recèle de multiples richesses, comme le canal Saint-Martin. © OOshot Caroline Cappelle CRT Paris Île-de-France.

 

Dans le même esprit, le site internet visitparisregion.com est devenu un véritable site de e-commerce, permettant aux visiteurs étrangers de faire leurs choix mais aussi leurs réservations directement.  “Nous travaillons aussi en profondeur avec les acteurs du tourisme, aux côtés de la CCI Paris Île-de-France, poursuit Éric Jeunemaître. Nous organisons des “journées terrain” durant lesquelles les conseillers du CRT vont à la rencontre des professionnels pour les aider à répondre aux difficultés auxquelles ils doivent faire face. Nous renforçons aussi la politique de formation, la Région a également lancé un “fonds de propreté” doté de 3,5 M€ dès cette année. Notre discours commence à être entendu : nous sommes la première destination mondiale, nous avons donc une exigence de qualité, mais nous ne sommes pas au niveau. Il s’agit donc de nous améliorer dans toute une série de domaines”.

Il s’agit enfin de faire découvrir aux visiteurs que Paris n’est pas toute l’Île-de-France, et que la région recèle bien d’autres richesses. L’adjoint au maire de Provins, ville médiévale inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, est bien placé pour en parler : “nous accueillons un million de visiteurs par an, nous venons de créer un Office du tourisme intercommunautaire. Nous développons des offres autour de l’Histoire, du patrimoine, de la nature et de la ruralité. Nous nous appuyons sur la communication du CRT, sur les possibilités qu’il offre en termes de formation ou de développement à l’international. Nous avons pu bénéficier de subventions pour rendre nos sites accessibles aux personnes à mobilité réduite”. Une série d’initiatives qui pourraient bien essaimer sur tout le territoire francilien. 

Pour lire la suite abonnez-vous à Régions Magazine
À LIRE ÉGALEMENT
Voir tous les articles
dapibus odio sed luctus vulputate, consequat. Praesent ut venenatis, Aliquam ipsum