LES SUPPLÉMENTS DE RÉGIONS MAGAZINE
Par Philippe Martin
21 décembre 2017
Les jeux de lumière sur les routes du vin alsaciennes figurent parmi les plus beaux paysages du Grand Est, comme ici à Katzenthal dans le Haut-Rhin.

A trois on est plus fort

Faute avouée est à moitié pardonnée : on n’y croyait pas trop, à cette région Grand Est. Parce que redécoupée à la hâte, comme tombée d’un chapeau élyséen en dernière minute. Parce que mêlant sans vergogne tropisme ardennais, aisance champenoise, courage lorrain, identité alsacienne. Parce que deux fois plus grande que la Belgique. Parce que Givet-Strasbourg, 500 kilomètres. Et puis, à dire vrai, parce que personne n’en voulait, ou en tout cas pas grand-monde ne disait en vouloir.

A tel point qu’on avait pu craindre un moment qu’elle ne tombe dans les filets d’un parti extrême, trop heureux de s’appuyer sur le mécontentement général pour y faire son marché. Mais on s’était trompé sur toute la ligne.

En moins de deux ans, sous l’impulsion de Philippe Richert et désormais de Jean Rottner, qui n’étaient pourtant ni l’un ni l’autre les plus chauds partisans de cette union forcée, la région Grand Est a trouvé son rythme de croisière. Mieux : elle existe déjà, alors que la Champagne-Ardenne a eu tant de mal à s’imposer pendant trente ans. De cette dimension qui la rendait improbable de prime abord, l’exécutif régional a su faire un atout, une force. Réussissant, en très peu de temps, à mêler la puissance d’un territoire plus grand, de compétences renforcées, de moyens plus importants, avec une volonté permanente de proximité. Dont les douze Agences territoriales, ou encore l’équipement des zones les plus rurales en Très Haut Débit, ne sont que deux illustrations, certes très significatives.

Transports améliorés, stratégie de développement économique avérée, qualité de toutes les formes de formation, souci permanent de démocratie participative, volonté de n’oublier personne en chemin : la feuille de route telle que nous la détaillons dans les pages qui suivent est clairement tracée. Reste le défi majeur, qui requiert celui-là la dimension du temps long : construire une identité tout en respectant les particularismes locaux. Faire accepter à une population de 5,5 millions d’habitants que l’on puisse demeurer alsacien, vosgien, lorrain, champenois ou ardennais, tout en habitant le Grand Est. Et s’en trouver bien. Parce qu’ensemble, on est plus fort.

 

© Michel Laurent CRT Lorraine – Le Grand Est, c’est aussi une région montagneuse, grâce au Massif des Vosges et à ses merveilleux points de vue, comme ici à Cornimont.

 

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