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Philippe Martin
21/02/2022
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Les Alsaciens veulent quitter le Grand Est, mais…

La consultation sur l’avenir de l’Alsace à donné une très large majorité (92 % !) aux « sécessionistes », mais le résultat ne convainc pas tout le monde. A commencer par le président de la Région Grand Est.

C’était un résultat plutôt attendu, compte du mode de « scrutin » : 92,4 % des votants ayant participé à la consultation sur l’avenir de l’Alsace au sein du Grand Est, en décembre dernier, ont répondu « oui » à la sortie du Grand Est. Le président de la Collectivité européenne d’Alsace Frédéric Bierry, organisateur de ce “référendum”, lui a trouvé une valeur « politique » en annonçant ce résultat, en amont d’une réunion de la CeA ce 21février à Colmar.

L’intitulé exact de la question posée le 21 décembre dernier était : « L’Alsace doit-elle sortir du Grand Est pour redevenir une région à part entière ? » Frédéric Bierry, espérait atteindre les 100.000 votants. Objectif largement dépassé avec 168.456 participants (dont 154.000 bulletins « valides »), qui se sont exprimés sur internet, par courrier ou en déposant un bulletin dans l’une des 99 urnes installées dans les points d’accueil de la région, collectivités ou mairies.

Cette consultation était ouverte à toutes les personnes majeures résidant en Alsace, Françaises ou non, et à celles « déclarant y avoir leur attache », ce qui lui enlève bien évidemment toute valeur juridique. Frédéric Bierry revendique néanmoins « une valeur politique très forte » et s’est engagé à solliciter « tous les candidats à l’élection présidentielle » et à « demander au président élu qui sera élu en avril 2022 de respecter la volonté des citoyens alsaciens ».

Jean Rottner : « un matraquage aux résultats ni surprenants, ni convaincants »

Le président de la Région Grand Est Jean Rottner a immédiatement réagi à ce scrutin, « qui n’est ni un vote ni une expression à caractère règlementaire. Avec les moyens consacrés à cette vaste campagne de communication locale et nationale, ce résultat n’est ni surprenant, ni convaincant.

Si le oui comptabilise – sans surprise – 92,4% des participants, quelle place pour les 88% d’Alsaciennes et d’Alsaciens qui n’ont pas souhaité participer ? Pas une baguette de pain ou un bar qui n’a pu échapper pendant deux mois à un matraquage de la campagne de la CeA. Avec 88 % de non-participation, la modération s’impose. »

Pour le président du Grand Est, « Dix ans après le référendum alsacien de 2013 qui avait mobilisé 457.685 électeurs sur une seule journée et qui s’était tenu, lui, dans les règles de droit, je note que le taux de participation (condition de sa validité) est passé de près de 36% à un peu plus de 10% pour la consultation de M. Bierry qui aura tout de même duré 2 mois. Même posée autrement, la question emporte donc toujours moins d’adhésion

Bien sûr, j’entends les craintes des Alsaciens qui ont participé à cette consultation. Je veux leur redire que la Région est un espace de solidarité et de puissance. La somme des investissements consacrés à ses territoires est passée de 1,496 Mds€ entre 2011 et 2015 à 1,954 Md€ entre 2016 et 2020, soit + 30,6 % d’aides. »Et de conclure : « J’attendais autre chose de la nouvelle Collectivité européenne d’Alsace. Être alsacien c’est être, au carrefour de l’Europe, un symbole de la réconciliation. Il est temps que la CeA honore les missions qui lui ont été confiées par les signataires des accords de Matignon ».

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