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Philippe Martin
03/06/2020
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Le futur parc éolien en mer (photomontage EDF).

Lancement des travaux pour le parc éolien marin de Fécamp

À terme il produira l’équivalent de la consommation électrique de 770.000 personnes.

Il sera le deuxième des cinq parcs éoliens prévus en France par EDF dans les années qu viennent. Après Saint-Nazaire, déjà en cours, et avant Dunkerque, Courseulles et Saint-Louis-du-Rhône, c’est le parc de Fécamp (Normandie, Seine-Maritime), au large des falaises d’Étretat, dont le lancement vient d’être confirmé. Un projet de 2 milliards d’euros, soutenu par plusieurs banques françaises et la BEI (Banque Européenne d’Investissement). Et qui fait travailler ensemble trois entreprises leaders dans leur domaine respectif : EDF Renouvelables, filiale du Groupe EDF, Enbridge, entreprise d’infrastructure énergétique de premier plan en Amérique du Nord, et wpd, producteur européen d’énergies renouvelables

D’une capacité de 500 MW, le parc éolien en mer de Fécamp sera composé de 71 éoliennes, localisées entre 13 et 22 km au large des côtes. Sa mise en service est prévue à l’horizon

  1. Il produira alors l’équivalent de la consommation annuelle en électricité de 770 000 personnes, soit plus de 60 % des habitants de Seine-Maritime.

Le chantier va mobiliser plus de 1.400 emplois locaux. Durant les 25 années d’exploitation, une centaine d’emplois locaux pérennes seront également créés dans le port de Fécamp pour assurer la maintenance des installations.

Le parc éolien en mer de Fécamp bénéficie d’un contrat d’achat d’électricité (PPA) d’une durée de 20 ans, accordé par l’Etat en juin 2018.

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Le futur parc éolien en mer, tel qu’il sera visible des plages (photomontage EDF).

Le consortium a signé les contrats de fourniture des matériels requis avec des prestataires de premier rang, parmi lesquels :

Siemens Gamesa Renewable Energy (SGRE) pour les 71 turbines éoliennes ;

Bouygues Construction, avec Saipem et Boskalis pour leurs fondations ;

Chantiers de l’Atlantique, avec GE Grid Solutions et SDI pour la sous-station électrique en mer.

RTE est responsable du raccordement du parc, depuis la sous-station jusqu’à la côte puis au réseau électrique normand et démarrera ses travaux à terre dès le mois de juin.

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Mise à l’eau et transport d’un mât de mesures.
Photo EDF Laurent Critot.

Au Havre, l’usine de fabrication d’éoliennes de SGRE, dont la construction doit débuter au cours de l’été, permettra la création de 750 emplois. Le chantier de fabrication des fondations des éoliennes sera également lancé dès cet été sur le site du Grand Port Maritime et mobilisera environ 600 personnes. Enfin, le port de Cherbourg accueillera le site d’assemblage des éoliennes. Ces commandes viennent à point nommé au moment où le pays entend relancer son activité après deux mois de confinement.

Ce projet s’appuie sur une large concertation menée depuis plus de dix ans avec les acteurs locaux (services de l’Etat, élus de la Région Normandie, du Département de Seine-Maritime, des communes littorales et associations de riverains). Des études environnementales approfondies ont été réalisées en lien étroit avec les associations locales de protection de la nature et de l’environnement. Un travail spécifique a également été réalisé en collaboration avec les pêcheurs pour permettre la cohabitation des différentes activités maritimes sur le site. Il a néanmoins été retardé par de nombreux recours (l’appel d’offres avait été remporté en 2012).

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« Avec quatre projets éoliens en mer déjà remportés, dont deux sont désormais en construction, EDF conforte sa position de leader du secteur en France, a déclaré Bruno Bensasson, directeur exécutif du Groupe EDF en charge du Pôle énergies renouvelables. Nous sommes fiers de contribuer à la création d’une filière industrielle créatrice de valeur et d’emplois pour les territoires. Ces projets d’envergure s’inscrivent dans la stratégie d’EDF, qui vise à doubler ses capacités renouvelables dans le monde entre 2015 et 2030 pour les porter à 50 GW nets. C’est aussi ainsi que nous construirons un avenir énergétique neutre en CO² ».

Financements européens

En ce qui concerne le financement, l’Europe est très présente dans ce projet. La Banque Européenne d’Investissement a accordé une ligne de crédit de 450 M€ au consortium, un financement garanti par le fonds européen pour les investissements stratégiques (aussi appelé « Plan Juncker »).

La Banque de l’Union Européenne dispose d’un savoir-faire reconnu dans le financement des éoliennes en mer avec de nombreuses opérations financées dans d’autres pays de l’Union européenne, en particulier en Belgique, Allemagne, Royaume-Uni et aux Pays-Bas mais c’est la première opération de ce type qu’elle finance en France, renforçant ainsi les objectifs fixés en novembre 2019 par ses actionnaires, destinés à en faire la Banque européenne du climat.

« Ce financement de parc éolien en mer au large de Fécamp est une opération majeure pour la BEI et marque une étape importante pour nous en tant que banque européenne du climat, a déclaré Ambroise Fayolle, vice-président de la BEICela conforte notre expertise dans le domaine des éoliennes en mer en général, qu’elles soient fixes ou bien flottantes, à l’image de projets innovants que nous sommes également en train de financer ailleurs en Europe ».

Le commissaire européen à l’Economie, Paolo Gentiloni, a déclaré: « L’Union Européenne soutient la construction du plus grand parc éolien en France ! C’est une excellente illustration du potentiel du pacte vert pour l’Europe – et un pas de plus vers une Union Européenne neutre climatiquement d’ici 2050. »

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