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Par Philippe Martin
28 décembre 2018
Homepage : La ministre Annick Girardin en discussion avec les Gilets jaunes. Ci-dessus : Le président Didier Robert a prononcé un discours très attendu.

La Réunion veut être entendue

La révolte des Gilets jaunes a pris une autre dimension sur la grande île de l’Océan Indien. Mais les pouvoirs publics ont réagi, à commencer par le président de Région. Et le calme semble être revenu.

Les images parlaient d’elles-mêmes : dès la mi-novembre, La Réunion s’était retrouvée pratiquement bloquée par la révolte des Gilets jaune. Barrages filtrants ou bloquants, incendies, échauffourées, écoles et services publics fermés, blocage du Grand Port maritime occasionnant des difficultés d’approvisionnement, voire une pénurie de produits de première nécessité : sur la grande île française de l’Océan Indien, on était très loin d’une simple revendication sur le prix du litre du diesel.

Même si le calme semble aujourd’hui revenu, c’est l’économie toute entière qui a été touchée, puisque le Medef local estime à plus de 300 M€ la perte d’exploitation pour les entreprises. A travers ce mouvement, la population réunionnaise entendait se faire entendre, et faire savoir qu’elle se sent oubliée de la Métropole. Le gouvernement ne s’y est pas trompé, qui a délégué sur place la ministre des Outre-mer Annick Girardin. Celle-ci est a cherché à aller à la rencontre des manifestants, à différents endroits de l’île, les a longuement écoutés, et a annoncé toute une série de mesures.

Mais les élus locaux ne sont pas en reste, à commencer par le premier d’entre eux, le président de la région La Réunion Didier Robert. Dans un discours très attendu, il a pris sa part de responsabilités, lui qui préside l’institution régionale depuis 2010 : “J’ai souvent alerté sur la nécessité de mieux nous faire entendre à Paris, à Bruxelles, sur tous les sujets. J’ai souvent alerté sur nos difficultés, sur le fait de mieux prendre en compte nos spécificités, sur le fait de mieux tenir compte des écarts de vie et de la souffrance de beaucoup de familles. J’ai parfois été entendu. Mais mon action et celle de mes équipes, pour la part qui me concerne, n’aura pas été suffisante. Je le reconnais avec beaucoup d’humilité”, n’a-t-il pas hésité à déclarer.

Le président de la Région a annoncé la création d’un conseil consultatif citoyen ouvert aux Réunionnais et susceptible de porter des référendums d’initiative populaire. Il a proposé la création d’une “charte de la transparence et de l’efficacité des fonds publics”,et a souhaité l’arrêt immédiat du cumul des mandats pour les élus de l’île, lui-même démissionnant de ses fonctions autres que président de Région.

Enfin Didier Robert a demandé à l’Etat plusieurs mesures concrètes : la prise en charge par l’Etat, l’Europe et la Région des surcoûts dus au fret pour les produits et marchandises entre la métropole et La Réunion (350 M€/an) ; ou la révision de l’octroi de mer. Et il a annoncé le gel de l’augmentation de la taxe carburant à partir du 1erjanvier 2019. Montrant peut-être ainsi l’exemple pour la métropole…

Les mesures gouvernementales

Parmi les mesures annoncées par Annick Girardin lors de sa visite sur l’île, retenons la création de 1.500 places de crèche supplémentaires, et de 15 centres sociaux de proximité ; la formation des jeunes obligatoire jusqu’à 18 ans (actuellement La Réunion compte 63.000 jeunes qui ne sont ni en étude, ni en emploi, ni en formation) ; un plan d’investissement dans les compétences pour développer l’offre de formation, à hauteur de 350 M€ ; ou encore l’augmentation de la prime d’activité de 360 €/mois pour 60.000 Réunionnais.

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