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Philippe Martin
18/05/2020
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Loïg Chesnais-Girard et Olivier Sichel ont présenté le Fonds Covid-Résistance en vidéoconférence

La Bretagne fait de la Résistance

La Région lance un fonds de soutien spécifique pour les très petites entreprises et le indépendants.

La Bretagne, on le sait, aime à se singulariser. Relativement et heureusement épargnée par l’épidémie de Covid-19, la région de l’ouest est en revanche frappée de plein fouet par la crise économique liée au confinement. Elle a décidé d’y répondre à travers toute une série de mesures, la dernière en date étant un Fonds intitulé “Covid-Résistance”, construit avec la Banque des Territoires, et qui présente deux originalités.

D’abord, les Bretons ont joué l’union, puisque la quasi-totalité des collectivités ont décidé d’y participer. Ensuite, ce fonds est spécifiquement dédié à ceux qui sont victimes des “trous dans la raquette”, selon le mot du président du conseil régional Loïg Chesnais-Girard. A savoir les très petites entreprises, les indépendants, et, plus généralement, ceux qui ont du mal à bénéficier des dispositifs mis en place par l’Etat et/ou les collectivités.

La Région, les 4 départements et les 59 intercommunalités se sont donc unis pour mettre en place, avec la Banque des Territoires, ce fonds COVID Résistance. Doté de 27,5 M€, ce dispositif offrira des moyens supplémentaires aux plus petites entreprises, travailleurs indépendants, associations et acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Autant d’opérateurs frappés par l’épidémie de coronavirus qui, alors que la reprise s’amorce, ont un besoin urgent de trésorerie pour poursuivre leur activité et maintenir leurs emplois. Depuis le 15 mai, ce nouveau fonds, complémentaire des dispositifs opérés par l’État, leur propose des prêts à taux zéro plafonnés à 30.000 € pour les associations et à 10.000 € pour les entreprises.

À qui s’adresse-t-il ?

TPE, commerçants, artisans, hôtels et restaurants, acteurs de l’ESS, associations… : ce nouveau fonds s’adresse en priorité aux petites entreprises et associations qui n’ont pu bénéficier ni des aides de l’État ni de financements bancaires depuis le début de la crise sanitaire. Il pourra aussi intervenir en complément, suivant un principe de subsidiarité, auprès de celles qui ont déjà accédé au fonds de solidarité national financé par l’État et les Régions françaises.

Quelles modalités d’accès ?

Les acteurs économiques et associatifs pourront bénéficier d’un prêt à taux zéro sur 36 mois, dont 18 de différé de remboursement, sans garantie, dont le montant sera variable suivant le profil des demandeurs : 

. de 3.500 à 10.000 € pour les acteurs économiques, entreprises et associations marchandes dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 1 M€ et l’effectif inférieur ou égal à 10 salariés,

. de 3.500 à 30.000 € pour les associations du secteur non marchand, tous secteurs confondus (culture, sport, jeunesse…) et les groupements d’employeurs associatifs dont l’effectif compte entre 1 et 20 salariés.

Comment déposer sa demande ?

Jusqu’au 30 septembre 2020, les acteurs concernés pourront déposer leurs demandes sur une plate-forme numérique simple d’utilisation : www.covid-resistance.bretagne.bzh. Les dossiers seront instruits et gérés par Bpifrance, en lien avec l’intercommunalité concernée et d’une manière souple et rapide.

Comment est constituée cette enveloppe de 27,5 M€ ?

La création de ce fonds a fait l’objet d’une mobilisation express et unanime. Son originalité réside dans le fait d’être financé par l’ensemble des collectivités territoriales bretonnes. Au côté de la Banque des Territoires, qui finance le Fons à hauteur de 6,8 M€ chacun des partenaires y consacre 2 € par habitant, au prorata de la population qui les concerne.

“C’est une belle manifestation de « l’esprit breton », a précisé le directeur de la Banque des Territoires Olivier Sichel en signant l’accord avec le président de Région. Il y a une forte dimension symbolique à être parvenu en si peu de temps à fédérer l’ensemble des collectivités bretonnes, c’est meême quelque chose d’exceptionnel.”

“Il faut être concret, complète Loïg Chesnais-Girard. On va ici rencontrer des entreprises dont le gérant, parfois le seul salarié, ne peut plus se verser de salaire, et se retrouve avec pour vivre les minima sociaux, soit 500 €. C’est socialement inacceptable, et de plus nous aurons aussi besoin de lui quand nous allons entrer dans la phase de redémarrage”.

Retrouver les renseignements pratiques ici.

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