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par Philippe Martin
21 septembre 2019
Homepage : Jean-Pierre Farandou (à gauche) va succéder à Guillaume Pepy. Ci-dessus : De grands chantiers attendent Jean-Pierre Farandou (à gauche).

Jean-Pierre Farandou à la tête de la SNCF

Le patron de Keolis succèdera à Guillaume Pepy le 1erjanvier 2020. De gros chantiers l’attendent.

C’est un paradoxe : le nouveau patron de la SNCF a… un an de plus que celui à qui il succède. Jean-Pierre Farandou, choisi le 18 septembre par le président de la République Emmanuel Macron pour prendre la tête de la compagnie ferroviaire nationale, est en effet né le 4 juillet 1957, alors que Guillaume Pepy a vu le jour le 26 mai 1958. C’est donc un choix de la continuité, au niveau de l’âge mais aussi du parcours.

Comme son prédécesseur, Jean-Pierre Farandou connaît en effet parfaitement la SNCF, où il est entré comme chef de gare en 1981, avant d’y gravir progressivement les échelons : chef de projet du TGV Paris-Lille, directeur aux ressources humaines, directeur de la région Rhône-Alpes et de Keolis Lyon, directeur de la branche SNCF Proximités (Île-de-France, TER et Intercités).

En août 2012, il devient patron de Keolis, filiale de la SNCF qui a réalisé en 2018, 6 Md€ de chiffres d’affaires, soit un cinquième du CA de la SNCF. Il est donc rompu à la procédure d’appels d’offres, Keolis réalisant une partie de ses activités à l’international. Une expérience qui va lui être utile au moment de l’ouverture à la concurrence.

De grands, pour ne pas dire d’immenses chantiers, attendent en effet le nouveau numéro 1 de l’opérateur historique. Changement de statut de la SNCF qui devient une société anonyme à capitaux publics le 1erjanvier 2020. Changement de statuts des personnels. Ouverture à la concurrence pour le TER et pour le TGV. Remise à plat de l’entretien du réseau, et l’on en passe.

Jean-Pierre Farandou, passionné par la notion même de transports publics, a présidé le GIE Objectif Transport Public de 2013 à 2015, et l’UTP (Union des transports publics et ferroviaires) de 2014 à 2017). Il s’y est battu pour l’ouverture des données dans le secteur du transport, ce qui ne devrait pas déplaire aux présidents de Région avec qui il va être appelé très vite à discuter. A Keolis, il est également connu pour son goût pour l’innovation, développant par exemple les navettes autonomes. Sans jamais avoir fait ouvertement acte de candidature, il a été préféré notamment à Patrick Jeantet, aujourd’hui à la tête de SNCF Réseau.

La proposition du président de la République doit être à présent validée par les commissions du développement durable de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui auditionneront Jean-Pierre Farandou, puis approuvée en conseil des ministres. On peut penser que le président de la République sera suivi dans son choix…I

Guillaume Pepy, l’homme du sérail

Il aura finalement passé près de trente ans à la SNCF. Guillaume Pepy y était en effet entré une première fois en1988 (après avoir été notamment directeur de cabinet de la ministre du Travail Martine Aubry). Devenu ensuite directeur général adjoint du groupe SOFRES, il y était revenu définitivement en 1994 comme directeur Grandes Lignes.

Nommé président par Nicolas Sarkozy en février 2008, il s’est attelé à la modernisation de l’opérateur historique du ferroviaire français durant ses deux mandats, faisant savoir dès mars 2018 qu’il n’en briguerait pas un troisième.

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