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Philippe Martin
16/05/2020
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Alexandra Dublanche (à droite), vice-présidente de la Région Île-de-France, et Valérie Pécresse au stand de l’Île-de-France du Salon de l’Agriculture : il faut consommer francilien ! Photo région Île-de-France

Île-de-France : un grand plan régional pour l’agriculture

La Région soutient le monde agricole durement frappé par toute une série de mesures, parfois originales.

L’Ile-de-France est une grande région agricole : pour ceux qui en douteraient, Valérie Pécresse, la présidente du conseil régional, n’a de cesse de le répéter. Et en présentant son plan de soutien à l’agriculture francilienne, elle a d’ailleurs commencé par rendre un vibrant hommage aux agriculteurs régionaux : “grâce à eux les Franciliens n’ont manqué de rien ! Cette crise aura eu moins un mérite, celui de mettre en valeur nos agriculteurs franciliens et de leur manifester notre reconnaissance”. Un véritable “regain d’attractivité et de sympathie qui fait du bien après une période d’agribashing”, mais qui ne résout évidemment pas les difficultés économiques frontales rencontrées par ce secteur.

A commencer par les horticulteurs et pépiniéristes qui ont vu leur chiffre d’affaires chuter brutalement, eux qui en réalisent 80 % entre mars et juin. A tel point qu’il leur a fallu se résoudre au plus difficile : la destruction de plants, devenus invendables faute de clients.

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Distributions de produits agricoles dans les centres de distribution d’aide alimentaire, ici à Argenteuil.

Même chose, dans des proportions moindres, pour les maraîchers, les petits éleveurs… A contrario, on constate un regain de confiance pour le local et les circuits courts. Les producteurs franciliens s’adaptent à la fermeture de leurs débouchés traditionnels, restauration et marchés, avec de nouveaux systèmes d’approvisionnement et de distribution.

La Région a donc décidé d’aider les agriculteurs à accélérer cette transformation des circuits de commercialisation. Elle propose de bonifier ses aides à l’investissement pour la création de points de vente directe. Le taux de l’aide sera exceptionnellement relevé à 70 % pour les projets de :

  • Drivesfermiers, 
  • Magasins de producteurs, 
  • Box fermières(réception régulière, sur abonnement, de colis contenant des produits fermiers),
  • Boutiques de vente à la ferme…

Une enveloppe de 1 million d’euros sera consacrée à cette mesure.

S’agissant des horticulteurs et de pépiniéristes, la Région apportera une aide d’urgence au cas par cas, et relancera le marché par la commande publique. Un fonds d’urgence de 1,5 million d’euros est débloqué pour les exploitations les plus en difficulté, qui n’ont pas pu vendre leur production à cause de la crise sanitaire. Il prendra la forme d’aides de trésorerie.

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Le poids de l’agriculture en Île-de-France.

Les maraîchers et éleveurs en grande difficulté seront également éligibles à ce fonds d’urgence.

La Région s’engage par ailleurs à acheter aux producteurs franciliens pour 1 million d’euros d’arbres et végétaux, qui seront plantés au siège de la Région à Saint-Ouen, et dans les lycées d’Île-de-France.

Par ailleurs, la Région pallie la fermeture des centres de distribution d’aide alimentaire, en ouvrant de nouveaux sites dans les lycées comme à Argenteuil, Saint-Denis, Mitry-Mory, Stains, Montfermeil, Moissy-Cramayel…  et en achetant des produits directement aux agriculteurs franciliens.

On va relever ce challenge de fournir ces paniers en produits frais”, précise Christophe Hillairet, président de la Chambre d’agriculture de la région Île-de-France : “pour conforter ces paniers, la Chambre va demander à chaque agriculteur de donner l’équivalent d’une tonne de blé (soit environ 170 euros)”.

Valérie Pécresse a également signalé que d’autres secteurs sont en difficulté : l’agrotourisme, en berne et qui attend des décisions précises de l’Etat dans ce secteur, mais aussi la filière bio-carburants (la consommation d’éthanol a chuté de 90 %), alors que l’industrie agro-alimentaire tourne au ralenti, pas forcément pour des raisons liées à a production agricole : la pénurie de farine est par exemple liée aux problèmes de l’ensachage…

Enfin, la Région attend bien évidemment la réouverture des restaurants qui redonnera un coup de fouet à la consommation de produits locaux : même avec des conditions sanitaires strictes, le plus tôt sera le mieux.

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