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Philippe Martin
13/04/2020
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Hervé Morin : « Pas trois scrutins en mars »

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Pour le président de la Région Normandie, la validité du premier tour des municipales est posée.

Hervé Morin était l’invité politique de l’émission matinale de Public Sénat. Interviewé (à distance en raison du confinement) par Oriane Mancini, le président de la Région Normandie et ancien président de Régions de France est revenu en détail sur l’organisation des prochains scrutins, sur la polémique autour des masques, et sur le rôle des Régions dans la crise actuelle, liée à l’épidémie de coronavirus et au confinement qui en découle.

Voici quelques-uns des principaux passages de son intervention, à retrouver en intégralité depuis notre site sur celui de notre partenaire Public Sénat.

Sur le dialogue avec les Régions :

« Ce qui est sûr c’est que nous avons à la fois besoin de centralisation sur un certain nombre de sujets et en particulier sur la stratégie sanitaire mais aussi de faire confiance aux acteurs locaux qu’ils soient élus ou administrations déconcentrées d’ailleurs. Ces dernières nous disent que la multitude de circulaires rend leur action plus compliquée à vivre.

Les Régions ont besoin qu’on leur laisse une grande capacité de manœuvre notamment sur le soutien à l’économie. Il faut des grands mécanismes de l’État comme le fonds de garantie de 300 milliards mais pour les secteurs du commerce, de l’artisanat, des TPE qui sont les plus en danger, là il faut des solutions les plus adaptées au terrain.

Les collectivités locales sont allées bien au-delà de leurs champs de compétences pour que chacun mette sa boîte à outils sur la table et apporte des solutions.

Ce qu’ont fait les maires est admirable. Ils ont été vigilants sur les conditions du confinement. Ils ont assuré toutes les petites solidarités de proximité pour que personne ne soit oublié. Ils ont fait en sorte que les services publics essentiels continuent à fonctionner ».

Sur la pénurie de masques :

« Les Régions ont d’abord été interdites d’acheter des masques pendant un temps car l’État voulait tout centraliser. L’autorisation nous a finalement été donnée vendredi dernier. J’ai passé commande rapidement mais l’État a réquisitionné une partie de mes moyens de transport.

Personnellement je ne veux pas polémiquer sur la guerre des masques. Nous avons travaillé avec l’Agence Régionale de Santé et c’est elle qui nous a donné les volumes et la répartition.

Le directeur de l’ARS Grand Est a tenu des propos d’une grande bêtise. On a parfois les bras qui nous en tombent, quand en plein cataclysme, on adresse un message aussi négatif aux personnels soignants qui se battent jour et nuit. J’aurais été au gouvernement, je l’aurais viré immédiatement.

La question se pose de l’organisation. Il y a une dichotomie entre le Préfet de Région et l’ARS. À mon sens, tout doit être sous l’autorité du Préfet. »

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Sur l’essai sur la chloroquine :

« Moi j’écoute Renaud Muselier qui est en contact régulier avec le professeur Raoult. Il nous explique que le traitement fonctionne. Si je venais à attraper le coronavirus, je demanderais ce traitement. »

Sur la situation sanitaire en Normandie :

« Nous avons des statistiques qui démontrent que nous sommes sur la bonne voie. Il y a une immense inquiétude : c’est la question des EHPAD. Il se profile une catastrophe et un risque d’hécatombe considérable. Il est vraiment urgent qu’il y ait des tests et du matériel dans ces établissements.

En Normandie, quelques EHPAD étaient touchés il y a 10 jours et nous en sommes à une centaine aujourd’hui. Ils sont sous la double autorité de l’État et des départements. Il y a urgence à prendre des mesures. »

Sur le soutien à l’économie :

« Nous allons réaliser des économies sur cette période et j’ai demandé que ces non-dépenses soient affectées au soutien de l’économie. La Région a ainsi débloqué 70 millions d’euros pour soutenir les secteurs les plus précaires comme l’artisanat, le petit commerce, les indépendants…

La reprise de l’économie est conditionnée à l’accès aux masques. Il faut que les conditions de sécurité des salariés soient assurées et cela passe par le port de masques.

Il y a déjà beaucoup de gens qui sont dans le désespoir. Nous allons essayer de colmater les brèches et de permettre aux entreprises de repartir le moment venu. Il y aura des grands besoins de trésorerie, de cash pour se relancer. »

Sur la filière pêche :

« Là encore, les pêcheurs et mareyeurs ont besoin de masques. Il y a une partie du marché qui est tombée avec la fermeture des restaurants et l’arrêt des exportations. L’idée c’est que les pêcheurs puissent repartir en mer et qu’il y ait un système d’aides qui permettent une rotation des bateaux et d’alimenter le marché ».

 Sur le report des municipales :

« Je ne vois pas comment on pourrait tenir trois scrutins en mars. C’est nier les libertés locales. Les enjeux municipaux ne sont pas les mêmes que les enjeux départementaux ou régionaux. Je ne vois pas pourquoi, si le déconfinement se passe bien, on ne pourrait pas les faire à l’automne. Le 1er tour a déjà été largement faussé. La question de sa validité se pose. Clairement, pour ceux qui ont un second tour, la question de revoter complètement se pose. On ne va pas faire un second tour un an après le 1er. Ça n’aurait pas de sens. »

Pour retrouver l’intégralité de l’émission :

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