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Philippe Martin
03/12/2023
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Deux régions pour les JO d’hiver !

L’alliance inattendue des deux régions alpines a donné un résultat spectaculaire : la France organisera les JO d’hiver en 2030. Entre Nice et la Haute-Savoie !

La nouvelle a fait l’effet d’une petite bombe. Alors que les polémiques se succèdent dans l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris l’an prochain (doublement du prix du ticket de métro, mise en place d’un “QR Code” pour circuler dans la capitale, sans parler de la “non-visite” de la maire de Paris Anne Hidalgo sur le site olympique de Tahiti), l’alliance des Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur a porté ses fruits : le Comité international olympique a annoncé le 29 novembre qu’il invitait les Alpes françaises à « participer à un dialogue ciblé dans la perspective d’accueillir les Jeux Olympiques d’hiver 2030 ».

Dans le langage un peu ampoulé de l’olympisme, cela signifie que le CIO va s’engager dans des discussions avec le CNOSF (Comité olympique et sportif français), qui reste le seul candidat à l’organisation de ces Jeux. En effet, les deux autres postulants déclarés, la Suède et la Suisse, qui présentaient pourtant elles aussi des dossiers solides, n’ont pas été invitées à participer à ce « dialogue ciblé ». En clair, sauf catastrophe thermonucléaire, c’est la France, et ses deux régions alpines, qui accueilleront les Jeux. La confirmation définitive n’interviendra toutefois qu’en juillet 2024.

Le CIO a d’ailleurs fait état au passage du « solide soutien apporté par les deux Régions », leurs présidents respectifs se portant garants du financement des Jeux, même si l’essentiel des dépenses reposera sur des investisseurs privés. Autres arguments en faveur du projet français : une vision « qui ambitionne de redynamiser les Alpes du Nord et les Alpes du Sud en tant que destinations touristiques phares pour les sports d’hiver, grâce à l’adoption d’une stratégie plus durable pour les sports d’hiver dans le contexte du changement climatique ». Mais aussi le fait que ledit projet s’appuie sur 85 % de sites déjà existants.

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Lors de la présentation officielle de candidature, les deux présidents de région Laurent Wauquiez et Renaud Muselier, en compagnie du président du CNOSF David Lappartient, de la présidente du comité paralympique et sportif français Marie-Amélie Le Fur, et de la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castera. Photo CNOSF.

Les choses sont donc allées très vite, puisque la présentation officielle de la candidature a été effectuée par les deux présidents de Région Laurent Wauquiez et Renaud Muselier, le 7 novembre dernier.  Puis défendue devant le CIO le 22 novembre. 22 jours seulement pour emporter la décision, un véritable sprint, s’appuyant sur une initiative soutenue par l’ensemble des présidents de Région, via une motion émanant de Régions de France, et aussi par les résidents des deux territoires concernés. Un sondage avait en effet révélé que 73 % des habitants des Hautes-Alpes et des Alpes Maritimes étaient favorables à l’organisation de ces Jeux.

L’alliance un peu inattendue de deux présidents de Région venant de partis politiques pourtant opposés, a donc porté ses fruits. « Au début nous n’étions que deux à y croire, Renaud Muselier et moi ! », a lancé Laurent Wauquiez, qui fait état « d’une immense fierté pour tout le monde. Si nous avons gagné, c’est d’abord parce que nous avons travaillé en équipe. Parce que nous nous sommes appuyés sur le succès et les équipements des JO d’Albertville, en 1992. Et parce que nous avons comme objectif de faire les premiers Jeux Olympiques d’hiver durables ». 

Pas les « Jeux Olympiques d’hier »

De son côté, Renaud Muselier a exprimé la même satisfaction, rappelant que « ce seront des Jeux tournés vers l’environnement, des Jeux “neige et chalet”, exactement l’inverse des Jeux de Sotchi en 2014 et de ceux de Pékin en 2022. Il y aura de la neige dans nos montagnes au-delà de 1.500 m, toutes les études le démontrent ! »

Une façon de répondre aux critiques qui s’élèvent déjà du côté des mouvements écologistes, en particulier le front des “NO JO”, opposés aux Jeux, qui dès le 2 décembre ont organisé des manifestations pour dénoncer « l’impact climatique et les risques pour les territoires de montagne » que ferait courir l’organisation des Jeux. Réclamant au passage un référendum local pour demander l’avis des habitants.

« Nous les invitons à nous rejoindre, à travailler avec nous », lance Laurent Wauquiez qui affirme : « nous allons organiser les premiers Jeux Olympiques d’hiver modernes et durables, et surtout pas les Jeux Olympiques d’hier » ! Ce seront en tout cas, ceux de demain.

Philippe Martin

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La carte des sites olympiques d’hiver de 2030. Document omité olympique et sportif français.


Les sites concernés

Ces Jeux de 2030 s’organiseront autour de 4 pôles géographiques :

  • Pôle Haute-Savoie : biathlon (olympique et paralympique) et ski de fond (olympique et paralympique) ;
  • Pôle Savoie : ski alpin (olympique et paralympique), saut à ski, combiné nordique, bobsleigh, skeleton et luge ;
  • Pôle Briançonnais : ski freestyle (olympique et paralympique), snow-board cross (olympique), para banked slalom ;
  • Pôle Nice-Côte d’Azur : hockey sur glace (olympique et paralympique), patinage artistique, short track, curling (olympique et paralympique), ski et snowboard cross (olympique).
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