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Philippe Martin
30/04/2020
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En attendant la réouverture du Festival des Jardins du Domaine de Chaumont, la direction du site propose d’admirer l’extraordinaire travail des jardiniers. Mais le château reste fermé…Jusqu’à nouvel ordre. Photo Chantal Colleu-Dumond.

Centre-Val de Loire – François Bonneau : “Il faut rouvrir les châteaux”

Le président de Région plaide pour une relocalisation régionale de l’activité industrielle. Et pour une relace immédiate du tourisme.

“Nous étions prêts”. Ceux qui connaissent la Région Centre-Val de Loire savent à quel point François Bonneau, président du conseil régional et lui-même ancien proviseur, est attaché aux choses de l’enseignement en général, et aux lycées en particulier. On peut donc le croire quand il affirme que les lycées régionaux étaient prêts à accueillir leurs élèves dès le 11 mai, et on sent bien la déception ressentie quand le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé le 28 avril que la rentrée dans les lycées ne se ferait finalement pas avant juin… voire pas du tout.

On laissera aux spécialistes de la pédagogie prophylactique le soin de nous expliquer en quoi il est plus facile d’expliquer les “gestes barrière” à des bambins de classes de petits-moyens en maternelle qu’à des lycéens de 17 ans. Pour le reste, la Région Centre-Val de Loire, moins touchée que d’autres par l’épidémie mais qui est très vite venue au soutien de ses soignants, a travaillé dans toutes les directions qui relèvent de sa compétence. Le point avec son président.

Régions Magazine : Vous mettez en place des dispositifs d’aide aux entreprises, afin d’accompagner leur redémarrage. Lesquels ?

François Bonneau : Oui, ces différents dispositifs sont complémentaires. Nous participons comme les autres Régions au Fonds national de solidarité mis en place par le gouvernement. Nous avons, avec Bpifrance, lancé les “Prêts Rebond” pour aider les trésoreries les plus mal en point. Nous créons le “Fonds Renaissance”, aux côtés de la Banque des Territoires et des intercommunalités, pour des aides d’urgence, avec un montant de 10 M€.

Prenez le cas d’un fleuriste qui veut rouvrir son commerce. Pour redémarrer son activité, il doit d’abord se reconstituer un stock, et il doit le faire sur la base d’une trésorerie dégradée. Seul, il ne pourra y parvenir, nous allons l’y aider. Au total, la Région a ainsi engagé 60 M€ pour aider les entreprises à faire face à leurs enjeux financiers.

Mais nous allons devoir aller plus loin, et repenser notre modèle industriel en profondeur.

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François Bonneau aux côtés du secrétaire d’Etat au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne et de quelques-uns des chefs de la région, fleurons de la gastronomie du Centre-Val de Loire. Mais les restaurants sont eux aussi fermés pour le moment.

RM : C’est-à-dire ?

FB : Le Centre-Val de Loire, on l’ignore souvent, est une grande région industrielle, très forte sur la pharmacie, la cosmétique, diverses formes de sous-traitance. C’est plus de 20 % de notre PIB. Au cours des années, ce secteur a été fortement touché par les délocalisations, je pense notamment à la pharmacie : la production de 40 à 60 % des médicaments que nous consommons, et que nous fabriquions auparavant, a été délocalisée dans des pays à bas coût de main d’œuvre.

Il est indispensable qu’à l’issue de cette crise, l’Etat, les grands acteurs des filières, s’attachent à réindustrialiser notre territoire. C’est un enjeu majeur, économique et aussi social, car cette situation est pour une bonne part responsable de notre taux de chômage. Le rôle de la Région sera d’accompagner cette relocalisation, et croyez-moi elle est prête à sa battre en ce sens.

RM : Les annonces du Premier ministre concernant le secteur du tourisme n’ont guère été de nature à vous satisfaire…

FB : Nous sommes une Région de tourisme, patrimonial mais aussi de plein air, avec énormément d’activités à l’extérieur, comme la “Loire à Vélo” qui draine chaque année 1,2 million de touristes. Nous sommes intervenus fortement auprès du gouvernement, et à plusieurs reprises, pour que des sites comme le Zoo de Beauval, le château de Chaumont, les jardins de Villandry, soient rouverts le plus tôt possible. Pour les acteurs du tourisme, tout se joue en quelques mois : ils ont déjà perdu mars-avril, mai-juin sont très menacés, la perte de l’été serait irréparable.

Il faut aussi que les hôtels, les restaurants puissent être rouverts rapidement, dans les meilleures conditions sanitaires possibles bien évidemment.

Pour l’instant nous n’avons pas été entendus. Il faut que le gouvernement puisse avoir une appréciation très locale, beaucoup plus fine, de chaque situation, et prenne les bonnes décisions en s’appuyant sur les forces vives de chaque territoire.

J’ai des conférences téléphoniques régulières avec ces sites, avec les acteurs du tourisme, avec les départements, les intercommunalités. Nous préparons un plan de communication national pour relancer ce secteur en péril. Il sera lancé dès leur réouverture.

Propos recueillis par Philippe Martin

Transports : réouverture des lignes le 11 mai

Parmi les annonces effectuées par François Bonneau et les vice-présidents de la Région, la réouverture de l’ensemble des lignes ferroviaires TER le 11 mai (six d’entre elles étaient encore fermées). En principe, début juin, 90 % des trains devraient circuler, dans les conditions sanitaires mises en place avec la SNCF.

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