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Philippe Martin
05/05/2020
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Sur le GR34, un randonneur sur le sentier côtier face à l’île Ségal à Plouarzel (Finistère). Photo CRT Bretagne Grégory Rohart.

Bretagne : les Bretons veulent rouvrir leurs plages

Le président de la Région Loïg Chesnais-Girard plaide pour une réouverture immédiate et différenciée.

“Chez nous, les plages sont nos parcs et jardins. Il ne s’agit pas de s’agglutiner les uns contre les autres sur des serviettes, mais, dans un premier temps, de permettre aux Bretons d’en reprendre possession.” Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne, est ferme depuis que la fin du confinement approche : il faut rouvrir, et au plus vite.

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Loïg Chesnais-Girard (à gauche) réunit la commission permanente du conseil régional par vidéoconférence.

Régions Magazine : Vous plaidez pour un accès rapide au littoral breton. Pourquoi ?

Loïg Chesnais-Girard : je souhaite en effet que nos plages soient rouvertes dès que possible, comme le gouvernement vient de le décider pour les forêts. En Bretagne, nous bénéficions de ce que j’appellerai des “plages du quotidien”. C’est un lieu indispensable de proximité, de sport, d’activités en mer, de respiration.

Je pense par exemple à la navigation de plaisance : qu’est-ce qui empêche une famille confinée de se confiner à bord d’un bateau ?

Je comprends parfaitement que, vu de Paris ou du Grand Est, qui ont connu et connaissent encore des situations dramatiques, cette demande puisse apparaître comme un caprice. Il n’en est rien : c’est un enjeu de santé publique.

RM : Mais qui doit décider ?

RM : Je pense que c’est aux maires, en concertation avec les Préfets, qu’il appartient e prendre les arrêtés permettant ou non d’avoir de nouveau accès aux plages, plutôt qu’une décision nationale et indifférenciée. Si les conditions sanitaires ne le permettent pas, on laisse la plage fermée. Seuls les maires sont en situation de l’apprécier. Encore une fois, l’Etat doit laisser aux collectivités locales le soin de gérer cette situation de proximité.

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RM : Vous parlez là de la situation des Bretons, mais qu’en est-il du tourisme ?

LCG : Notre tourisme est en arrêt total. J’avais ce matin au téléphone le maire de Dinant, il est terriblement inquiet de la situation des acteurs touristiques de sa ville, et nous le sommes tous. En ce qui concerne les entreprises de moins de dix salariés, nous avons mis en place le fonds Covid-Résistance, avec les communes, les intercommunalités et la Banque des Territoires, pour leur permettre de faire face dans l’immédiat. (voir par ailleurs les dispositifs mis en place par la Région).

Nous suivons de très près la situation des “gros comptes”, les grands hôtels, les centres de thalassothérapie, les parcs, les aquariums, pour les accompagner au mieux dans ce moment très difficile, et dans la phase de reprise.

Nous nous coordonnons également avec les autres Régions pour lancer, dès que possible, par exemple début juin, une opération nationale sur le thème “Venez découvrir nos Régions”. Il faut que le tourisme redémarre au plus vite, dans le strict respect des règles sanitaires. Il en va de même pour les activités culturelles.

RM : L’arrivée massive en Bretagne d’habitants d’autres Régions, notamment de Parisiens venus se confiner dans leur résidence secondaire, avait provoqué quelques réactions hostiles. Qu’en est-il aujourd’hui ?

LCG : C’était très marginal, dû à un réflexe de peur, et cela n’a guère duré. Nous sommes toujours fiers d’accueillir des visiteurs en Bretagne. Et nous sommes restés très bas dans le seuil épidémique, ce qui montre bien qu’il n’y avait pas de risques sanitaires.

Propos recueillis par Philippe Martin

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