À LA UNE
Philippe Martin
31/01/2024
Photo 1 4

8,4 milliards d’euros pour les transports franciliens

Le contrat de plan Etat-Région a atteint un niveau « historique ». Décryptage.

Il était encre le ministre des Transports, lorsque Clément Beaune a signé avec la présidente de la Région Île-de-France Valérie Pécresse, le protocole relatif au volet mobilités 2023-2027 du contrat de plan Etat-Région, pour un montant qualifié d’ « historique », à hauteur de 8,4 milliards d’euros.

Cette somme sera investie pour renforcer l’offre de transport et verdir les mobilités du territoire d’ici la fin du quinquennat, dont :
– 3,7 Md€ pour la Région Île-de-France, soit 44 % ;
– 3 Md€ pour l’Etat et la Société du Grand Paris, soit 36 % ;
– 1,7 Md € attendu pour les autres financeurs (collectivités locales, opérateurs RATP, SNCF, SGP, IDFM), soit 20%.
Ce nouveau contrat marque un effort sans précédent en matière de transports en Ile-de-France, avec des participations de l’Etat et de la Région en très forte hausse par rapport à la période précédente.
Avec 93 % des crédits consacrés aux transports collectifs et ferroviaires, les priorités de ce contrat sont très claires.
L’accent est d’abord mis sur l’intermodalité, avec un quintuplement des investissements dans la transformation des gares.
Ce sont ainsi près de 1 Md€ qui seront investis pour préparer l’arrivée du métro du Grand Paris Express.
• 603 M€, contre 119 M€ dans le précédent CPER, seront engagés dans la modernisation de 13 gares (Val de Fontenay, Melun, Rosny, Poissy, Mantes la Jolie, La Défense, le Bourget-Drancy, Noisy-le Sec, Tripôle « Gare de Lyon – Austerlitz – Bercy », Bipôle « Gare de l’Est – Saint-Lazare », Massy-Palaiseau, Corbeil – Essonne) ;
• A cela s’ajoutent les interconnexions du Grand Paris Express (345 M€), soit la future gare de Bry-Villiers-Champigny (270 M€) et l’interconnexion de la ligne H avec le Grand Paris Express à Saint-Denis-Pleyel (75 M€) ;
• Enfin, 179 M€ seront investis pour connecter les gares existantes aux futures lignes de métro du Grand Paris Express.

Homepage 3

Signature d’un accord qualifié d’« historique ». Photos Région Île-de-France

L’amélioration des transports existants constitue également une priorité avec un effort considérable de +50 % sur la modernisation des RER et Transilien, soit une enveloppe de près de 1,8 Md€ :
• 712 M€ seront ainsi investis pour l’automatisation des RER B et D, empruntés chaque jour par 1,65 million de voyageurs ;
• 1,1 Md€ seront engagés pour l’amélioration et la modernisation de l’ensemble des lignes RER et Transilien (électrification de la ligne P Trilport-La Ferté Milon, travaux d’adaptation des infrastructures RER et Transilien pour l’arrivée des nouveaux matériels roulants commandés par Ile-de-France Mobilités, nœud ferroviaire de Brétigny, …).

Parallèlement, ce CPER permettra de finaliser les grands projets de transport collectif très attendus :
• Le nouveau RER Eole sera prolongé à La Défense, en 2024, et à Mantes-la-Jolie, en 2026 (1,7 Md€) ;
• 6 nouveaux projets de tramways seront également engagés ou achevés d’ici fin 2027, pour 1,3 Md€ : T1 à l’Est Val de Fontenay en Seine-Saint-Denis, T1 à Colombes puis Rueil dans les Hauts-de-Seine, T7 à Juvisy dans l’Essonne, T13 entre Saint-Germain-Poissy et Achères dans les Yvelines, T8 prolongé à Paris à Rosa Parks, T10 à Issy-Vanves-Clamart.
• 883 M€ seront consacrés d’ici 2027 aux études et aux travaux d’une quinzaine de nouveaux projets de bus à haut niveau de service en site propre et de TZEN (TZEN 2, TZEN 3, TZEN 5, TSCP du Grand Roissy, Bus entre Seine, BHNS Bords de Marne, Altival, TCSP Senia Orly, TCSP EVE, TSCP Massy Polytechnique, …). Cet investissement inédit correspond à un doublement des sommes consacrées aux dessertes rapides en bus depuis le précédent CPER.

Photo 2

Les investissements pour le transport régional de voyageurs et le fret ferroviaire, en faveur de la décarbonation des transports de personnes et de marchandises seront dotés de 378 M€, dont 217 M€ de l’Etat. Cette enveloppe permettra notamment de développer les infrastructures de fret nécessaires à l’atteinte des objectifs de la stratégie nationale de développement du fret ferroviaire. Elle prévoit également le financement de l’accessibilité des gares nationales, conformément à l’engagement du Gouvernement d’engager les travaux d’accessibilité de toutes les gares d’ici 2027.
Enfin, 622 M€ seront investis sur les projets routiers prioritaires, afin de favoriser l’intermodalité et de rendre plus durable l’usage de la route pour les Franciliens (15M de déplacements par jour en voiture). 100 M€ seront notamment engagés pour créer des voies réservées aux bus et au covoiturage.
Pour Clément Beaune, « en apportant une contribution de 3 Md€ à ce nouveau CPER, sans compter les investissements dans le réseau ferroviaire, l’Etat poursuit son engagement pour les transports collectifs du quotidien des Franciliens. Grâce à cette mobilisation, renouvelée et amplifiée, l’État porte au niveau de la région Île-de-France les priorités nationales en faveur de la décarbonation des mobilités des personnes et des marchandises. Ce sont ainsi 93 % des crédits qui seront consacrés aux transports collectifs et ferroviaires ! Cet accord avec la Région permettra de poursuivre la réduction des inégalités territoriales et d’améliorer les transports du quotidien ».

De son côté, Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, a déclaré : « Au total, avec le CPER et les investissements directs de la région, nous allons investir 4,3 Mds pour les transports (CPER, vélo, route). L’effort annuel d’investissement de la Région en faveur de toutes les mobilités a augmenté de + 50 % entre 2018 et 2024. Au-delà des 3,7 Md€ que nous mettons dans le CPER , nous investissons 300 millions d’euros sur le réseau VIF, nouveau réseau régional express de pistes cyclables, et 335 millions d’euros sur la modernisation des routes départementales, leur fluidité, leur intégration environnementale et l’innovation routière à travers le plan route de demain.

Ce protocole répond aussi à notre engagement de réduire les inégalités territoriales. De ce point de vue, le lancement des études de la ligne 19, nouveau métro très attendu dans le Val d’Oise, permet de réparer un oubli historique. Il grave aussi une fois de plus dans le marbre notre ambition pour les transports et la décarbonation de l’Île-de-France. »

Pour lire la suite abonnez-vous à Régions Magazine
À LIRE ÉGALEMENT
Voir tous les articles