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Raymond Forni, l'humaniste

Raymond Forni, l'enfant de la République, homme de grande conviction, a été maître de sa région et a eu un destin national et international. C'était avant tout un grand humaniste qui a toujours préféré le dialogue.
" La peine de mort est la négation de la civilisation et de la démocratie. La société n'est pas instituée pour mettre la violence au pouvoir, elle l'est au contraire pour substituer le droit à la violence ". Ses quelques déclarations parmi tant d'autres démontrent bien le caractère républicain et humaniste du président Forni.
Courageux malgré sa fatigue, il présida la séance du budget en décembre 2007.
La façon dont il défendait les grands dossiers régionaux restera pour toujours dans les esprits.
Dans son hommage, Marie-Guite Dufay lui déclarait lors de ses obsèques " tu incarnais l'audace, l'autorité, l'humanité ". Voilà qui résume bien le personnage qui, enfant de la République, puisa toute son énergie dès sa naissance à Montreux-Château (Territoire de Belfort), dont il devint député à l'âge de 32 ans en 1973. De 1981 à 1983, il fut président de la Commission des lois, de 1985 à 1986, membre de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, de 1991 à 1993 et de 1998 à 2000, vice-président de l'Assemblée Nationale, de 1998 à 2000 vice-président de la Commission informatique et libertés, et de 2000 à 2002, il succéda comme président de l'Assemblée Nationale à Laurent Fabius.
Parmi les nombreuses réussites pour la Franche-Comté, on lui sera notamment reconnaissant de son ouverture sur l'Europe et d'avoir œuvré au bouclage de la branche Est pour le TGV Rhin-Rhône. Cela lui ressemble car sa méthode était " regarder loin et agir vite ".
Alors merci Monsieur le Président pour l'exemplarité que vous avez léguée aux Francs-Comtois et aux Européens. Vous resterez pour longtemps le guide qui a permis à la Franche-Comté de rayonner aujourd'hui sur l'Europe et le reste du monde.

Raymond Forni est décédé le 5 janvier 2008.
actualités régions
Vous succédez à un grand homme à la tête de la Région. Qu'est-ce qui vous a le plus marquée dans la présidence de Raymond Forni ?

Je crois que ce qui animait Raymond Forni, son moteur en quelque sorte, c'est l'amour qu'il éprouvait pour la Franche-Comté. Pour ses beautés, ses paysages et son patrimoine bien sûr, mais surtout pour les Francs-comtoises et les Francs-comtois. Il savait trouver les mots pour parler de sa région, pour la faire connaître et la faire aimer. Je mesure la chance que nous avons eu de l'avoir comme Président et de travailler avec lui.

Son audace et son courage lorsqu'il portait les dossiers de la région, son autorité naturelle et surtout son humanité resteront des leçons pour tous ceux qui l'ont côtoyé.

Plusieurs grands chantiers ont été ouverts sous son impulsion (TGV, agenda 21…), pour quelle suite aujourd'hui ?

Les grands chantiers n'ont de sens que s'ils ont leur place dans le cadre d'une vision politique globale de la Franche-Comté. Raymond Forni se battait pour le TGV parce qu'il connaissait la portée économique de ce projet pour notre région. Je compte bien sûr m'inscrire dans ses pas en la matière.
Je souhaite poursuivre les actions engagées avec pour objectif un développement durable et responsable de la Franche-Comté. Cela englobe bien sûr les politiques liées à l'environnement, sans oublier le développement économique, sans lequel nous n'aurions pas les moyens d'assurer l'avenir de la Franche-Comté. Un développement que je souhaite respectueux des hommes et des femmes de notre région, dans le cadre d'une forte exigence de justice sociale.

Quelles décisions souhaitez-vous prendre dans les premiers temps de votre mandat ?

Je souhaite en premier lieu renforcer le lien entre le Conseil régional et les Francs-comtois. Il y a, j'en suis convaincue, une forte attente de proximité de la part de nos concitoyens. Je n'oublie également pas que les Régions, leurs compétences, leurs actions restent encore malheureusement trop souvent méconnues. J'entends donc placer mon action à la tête du Conseil régional sous le signe d'une plus grande proximité avec les Francs-Comtois. Je rencontrerais rapidement les habitants, pour présenter les politiques de la Région, écouter les attentes qui s'expriment. Notre site Internet vient
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également d'être entièrement refondu pour permettre plus d'interactions et plus d'écoute.

En tant que vice-présidente, vous étiez en charge des secteurs du développement économique, de l'économie sociale et solidaire et de l'emploi. Quelles politiques souhaitez-vous mettre en œuvre dans ces domaines ?

Je souhaite poursuivre nos efforts pour l'emploi. Nous avons mis en place, dès 2004, les emplois tremplins à destination du milieu associatif et de la solidarité, en ayant dès le départ l'objectif que ces emplois soient pérennisés. Je souhaite renforcer notre démarche en la matière, en réfléchissant par exemple aux moyens permettant de solvabiliser l'activité des associations employeuses ou en engageant une réflexion sur l'opportunité de regrouper les employeurs, dans les milieux sportifs ou culturels.
Depuis 2004, nous avons entièrement réorganisé la politique économique régionale pour une meilleure efficacité dans le cadre du Schéma Régional de Développement économique. L'Agence Régionale de Développement économique commence à engranger des résultats intéressants en terme d'emplois créés par de nouveaux investisseurs et son action est reconnue par nos partenaires. Je souhaite maintenant mettre d'avantage l'accent sur le soutien à l'innovation, qui est l'un des moyens de maintenir et de renforcer la compétitivité de notre région, aussi bien pour les petites que pour les grandes entreprises.

Madame la Présidente, comment se porte la région Franche-Comté ?

Je dirais que comme dans toutes les régions, il y a des disparités entre les territoires. Nous devons arriver à tenir notre place dans un monde où tout bouge très vite et où les délocalisations vers les pays émergeants inquiètent. La désindustrialisation du Nord franc-comtois, les difficultés du Haut Jura, par exemple, sont des enjeux capitaux, et ma détermination est entière pour que nous tenions toute notre place pour trouver des solutions.
 
Je suis mobilisée et optimiste pour l'avenir de notre Région. Je n'oublie pas cette phrase, tant citée par Raymond Forni : " La Franche-Comté est une petite région, mais elle est grande par ses talents ". C'est sur cette multiplicité de talents que je veux m'appuyer pour contribuer à construire la Franche-Comté de demain : une région innovante, riche de ses traditions, fière de ses beautés, et où il fait bon vivre ensemble.
Marie-Guite Dufay

Présidente du Conseil régional de Franche-Co