LES DOSSIERS DE RÉGIONS MAGAZINE
5 juillet 2018
Restauré et intelligemment ouvert aux visiteurs, le merveilleux Pont du Gard est désormais le site le plus visité d’Occitanie. © CRT Occitanie Aurelio Rodriguez.

Les Régions veillent sur leur patrimoine

Les richesses historiques ou architecturales des territoires constituent autant d’atouts pour leur développement touristique. Les conseils régionaux l’ont compris depuis longtemps. Au moment où l’Etat s’intéresse à la sauvegarde des monuments et sites en périls, Régions Magazine vous propose un voyage à travers la France du patrimoine. Et en profite pour vous faire découvrir quelques “bons plans” !

Les dépenses directes des touristes en France ont représenté 44,3 Md€ l’an dernier, et elles devraient atteindre 64 Md€ en 2028. Quant aux emplois liés au tourisme, ils devraient passer de 2,8 millions aujourd’hui à 3,3 millions en 2028, ce qui représente la création de plus de 430.000 emplois dans les dix prochaines années. Cela, ce n’est pas Régions Magazine qui l’affirme, mais le très sérieux “World Travel & Tourism Council” qui vient de consacrer une étude très complète à l’impact économique de l’activité touristique en France.

C’est dire l’impact de ce secteur dans la vie de nos régions. Même si certains chiffres de cette étude sont moins réjouissants ; ainsi en ce qui concerne la contribution directe du tourisme au PIB, la France ne figurerait dans dix ans qu’au… 179ème rang mondial ! Bien sûr, il ne s’agit là que d’une prévision, mais elle montre bien à quel point l’immobilisme est dangereux, s’agissant d’une matière aussi mouvante que le tourisme.

Au vrai, nos Régions l’ont compris depuis longtemps, qui, par l’intermédiaire de leurs CRT (Comités régionaux de tourisme) ou de leurs Agences d’Attractivité, mettent au point de longue date des stratégies ambitieuses, qui pour favoriser l’étalement des congés, qui pour développer le tourisme d’affaires, qui pour attirer des visiteurs venant de contrées plus lointaines… Si l’on prend l’exemple du tourisme lié au patrimoine, auquel Régions Magazine consacre cette année son dossier d’été, il en va largement de même.

De Rocroi, petite cité de caractère dans les Ardennes au mythique Pont du Gard, de la rénovation du château de Chambord à celle des derniers bateaux langoustiers de l’île de Sein, des jardins bourguignons d’Ancy-le-Franc à la puissante forteresse normande de Falaise que l’on visite désormais en “réalité augmentée”, des splendeurs botaniques de Saleccia en Corse aux trésors engloutis de Saint-Pierre au large de la Martinique, c’est à un voyage à travers ces richesses patrimoniales que nous vous convions dans le dossier qui suit. Toutes ont un point commun : leur Région ou leur collectivité territoriale d’appartenance a contribué à leur rénovation, parfois à leur re-création, avec bien entendu le concours d’autres collectivités, plus rarement de l’État…

Mais l’État a toutefois pris une initiative qui vaut d’être signalée, celle de la Mission Patrimoine confiée à l’animateur de télévision Stéphane Bern. Qui a confié à Régions Magazine les bonnes et aussi les mauvaises surprises rencontrées au cours de ce travail de titan rondement mené (lire en pages suivantes). Travail dont la première partie a été menée à bien avec, le 31 mai, la remise au président de la République d’une double liste, celle des 18 monuments à préserver en priorité (lire en encadré) et celle des 251 autres bâtiments en péril. Le tout en s’appuyant sur la Fondation du Patrimoine, un organisme qui existe depuis une vingtaine d’années mais s’est retrouvé soudain sous les feux de l’actualité, davantage qu’à l’accoutumée.

“Notre force de frappe, explique Célia Vérot, directrice générale de la Fondation, repose sur notre réseau en région, sur nos 23 délégations territoriales qui correspondent encore à l’ancien découpage régional, elles-mêmes alimentées par des “délégués de pays”, tous bénévoles, qui nous alertent dès qu’ils repèrent un élément patrimonial en péril ou nécessitant une attention soutenue”.

 

Le couvent de Saint-Fançois à Pino. © Joël damase.

 

La “Mission Patrimoine” menée par Stéphane Bern a évidemment joué un rôle d’accélérateur, ce qui a permis d’aller beaucoup plus vite qu’à l’accoutumée… et de conserver l’acquis de cette vitesse puisque les projets de rénovation liés aux 18 bâtiments emblématiques doivent commencer avant la fin de cette année. Ce sera un peu plus long pour les 251 bâtiments de taille petite ou moyenne, puisque leur dotation dépendra en partie du résultat obtenu par le fameux Loto du Patrimoine du mois de septembre.

Quoi qu’il en soit, le mouvement est enclenché, et l’on peut espérer qu’il ne s’arrêtera pas de sitôt. D’autant que pendant ce temps, la Fondation du Patrimoine poursuit ses partenariats avec les collectivités, à commencer bien sûr par les communes, surtout rurales, qui éprouvent des difficultés de financement quand il s’agit de rénover leurs édifices, ou de monter un dossier susceptible de recevoir l’agrément des Architectes des Bâtiments de France. “Nous les aidons alors à monter les dossiers, à trouver des solutions financières, à compléter avec du mécénat qui peut être populaire, local, ou encore s’appuyant sur des PME. Nous lançons parfois des souscriptions qui se révèlent être de vraies miracles”, poursuit Célia Vérot. Qui met notamment en exergue le “piètre état de nombre d’églises rurales, dont l’entretien et la rénovation sont à la charge des communes depuis la loi de 1905, alors que la pratique religieuse diminue”.

Autre phénomène, plus récent celui-là : le rapprochement avec les Régions issues du nouveau découpage, qui a débouché sur la signature de conventions de partenariats avec douze des treize conseils régionaux (l’exception étant l’Occitanie, qui a de son côté lancé sa politique des Grands Sites). Les dernières en date ? Île-de-France et Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, alors que des opérations spécifiques ont déjà été montées avec Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, pour n’en citer que deux.

Les Régions peuvent également servir de leviers d’accompagnement pour des projets plus ambitieux : “j’ai en tête, précise Célia Vérot, la rénovation de la maison d’enfance de Saint-Exupéry, située dans l’Ain, un site qui présente un très gros potentiel, mais nécessite un budget important. La région Bourgogne-Franche-Comté est prête à s’investir, à entraîner avec elle le Département, mais aussi le mécénat d’entreprise… C’est grâce à la mobilisation de partenaires variés, et aux souscriptions publiques s’appuyant sur une plateforme internet dédiée, que nous allons pouvoir passer la vitesse supérieure pour sauver notre patrimoine”. En attendant, suivez-nous à travers la France des monuments déjà rénovés !

 

Fort Cigogne. © Ouiflash.

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