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Par Philippe Martin
30 septembre 2017
© Hugues-Marie Duclos Régions Magazine - A Orléans, Philippe Richert et Edouard Philippe n’ont fait que se croiser. Sans vraiment se comprendre.

La démission de Philippe Richert

En quittant toute fonction politique, le président de la région Grand Est quitte également la présidence de Régions de France.

Ceux qui ont vécu sa colère, pour ne pas dire son écœurement, après le discours du Premier ministre Edouard Philippe jeudi au congrès de Régions de France à Orléans, ne seront guère surpris : à 64 ans, Philippe Richert, président de la région Grand Est et de Régions de France, a décidé qu’il démissionnait de ses fonctions, et qu’il renonçait à toute fonction élective. “Si je me retire, ce n’est pas pour jouer les trouble-fête. Je me retire totalement, du conseil régional et de toutes mes fonctions électives. Je resterai en retrait, je ne ferai plus de commentaires”, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse samedi 30 septembre à Strasbourg.

Mais cette démission couvait en fait depuis plus longtemps, depuis les attaques répétées venues de sa région d’origine, l’Alsace, où un certain nombre d’élus et de responsables lui reprochent depuis plusieurs années d’avoir accepté la fusion avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne, dans le cadre de la réforme régionale voulue par François Hollande. Des attaques violentes qui l’ont blessé, comme il l’a lui-même déclaré. L’amputation par le gouvernement de 450 millions d’euros de crédits aux Régions, crédits pourtant inscrits dans la loi de finances 2017, a peut-être constitué la goutte d’eau de trop.

Toujours est-il que celui qui avait victorieusement conquis la nouvelle région Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, devenue depuis Grand Est, aux élections régionales de décembre 2015, à la barbe du Front National, met fin à une carrière politique de 35 ans, avec “beaucoup d’émotion. On ne tourne pas une page de 35 années, sans que cela ne laisse quelques traces. J’avais pris l’engagement que je saurais me souvenir qu’il y a des limites à l’exercice d’un mandat”, a notamment déclaré celui qui a longtemps été le seul président de région de droite (à la tête de l’Alsace, de 2010 à 2015), sénateur pendant 18 ans, et ministre des Collectivités territoriales de Nicolas Sarkozy de 2010 à 2012. Celui qui s’était battu vainement pour la réunion des deux départements alsaciens, Haut-Rhin et Bas-Rhin, au sein d’une collectivité commune avec la Région. Fusion repoussée lors du référendum du 7 avril 2013 par les Alsaciens, les mêmes qui lui reprochent aujourd’hui de ne pas avoir assez défendu l’identité alsacienne…

Reste à savoir qui lui succédera à la tête de la région Grand Est. Parmi les favoris, Jean-Luc Bohl, premier vice-président, maire de Montigny-lès-Metz et président de Metz Métropole, assurera l’intérim de la présidence jusqu’à la tenue d’élections qui auront lieu lors d’une prochaine assemblée plénière, dans un délai d’un mois. Mais aussi Jean Rottner, maire de Mulhouse et vice-président du conseil régional en charge du numérique et de la compétitivité des territoires.

Autre succession ouverte, celle de Régions de France, l’association que Philippe Richert avait su gouverner avec habileté, fermeté et bonhommie depuis dix-huit mois. Le nouveau président viendra forcément des rangs de la droite. Parmi les noms les plus souvent évoqués, ceux de Valérie Pécresse (Ile-de-France), Xavier Bertrand (Hauts-de-France) et Renaud Muselier (Provence-Alpes-Côte d’Azur).

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