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Philippe Martin
27 août 2017

Les chiffres record du tourisme francilien

Après la terrible année 2016, le premier semestre 2017 a vu les touristes revenir en masse à Paris et en Île-de-France, pour atteindre le niveau de… 2008. Explications.

Ce fut un triptyque terrible : intempéries, conflits sociaux, et bien sûr et surtout, attentats. De novembre 2015 jusqu’à l’été 2016, la France et singulièrement Paris, sa première porte d’entrée, ont vu se succéder drames et désagréments, conduisant à une année-catastrophe en matière de fréquentation touristique. C’est pourquoi les chiffres communiqués en fin d’été par le Comité du tourisme d’Île-de-France étaient particulièrement attendus. Or non seulement le premier semestre a permis d’effacer la médiocre année précédente, mais il fait revenir la fréquentation touristique francilienne à son niveau d’il y a près de dix ans !
En effet, selon le CRT, avec 16,4 millions d’arrivées hôtelières au cours du premier semestre 2017, « la progression est de + 10,2 %, par rapport au 1er semestre 2016, en raison de la hausse conjointe de la fréquentation internationale (+ 14,9 %) et française (+ 6,4 %) et ce malgré  un contexte sécuritaire très marqué. » Ce qui fait d’ores et déjà de 2017 la meilleure année sur ce plan depuis 2008.
Au total, au cours du 1er semestre 2017, les hôteliers franciliens ont ainsi accueilli 1,5 million de touristes français et internationaux en plus par rapport au 1er semestre 2016. Depuis début 2017, la consommation touristique s’élève à plus de 10,1 Md€, soit un gain de 1,1 M€ pour les professionnels du tourisme franciliens.
Comment expliquer ces chiffres quasiment inespérés ? Régions Magazine fait le point avec Frédéric Valletoux, président du CRT, conseiller régional d’Île-de-France et maire (LR) de Fontainebleau.

Régions Magazine : Dans ce rebond, quelle est la part de la conjoncture, et la part des initiatives prises pour relancer le tourisme ?
Frédéric Valletoux : Il est clair que la progression est d’autant plus importante que la baisse de l’an dernier avait été spectaculaire et inédite, amenant notre performance à un niveau incroyablement bas. On le sait, le tourisme est une forme d’industrie hyper-volatile. Il y a eu les attentats, et l’on sait à quel point les Japonais ou les Américains y sont sensibles, mais aussi le printemps social qui a découragé beaucoup d’étrangers.
En revanche il faut noter, et on peut évidemment s’en réjouir, que la clientèle française, disons « domestique », ne s’est pas détournée de Paris, ce qui a empêché une chute encore plus violente. Après, pour ce redémarrage, tout a compté, la conjoncture bien sûr, mais aussi l’effort considérable de promotion entrepris par le CRT et les professionnels du tourisme francilien, dans le cadre du plan de relance de 8 M€ dans lequel la Région a pris sa part.
Mais aussi des mesures d’application immédiate prise par le conseil régional, comme ces centaines de jeunes « volontaires du tourisme » déployés à deux reprises dans la capitale afin de mieux accueillir les touristes. Bien sûr ce ne sont pas eux qui ont fait revenir les visiteurs, mais ils ont contribué à les rassurer, et éventuellement à les pousser à prolonger leur séjour chez nous, ou à les convaincre de revenir.

 

Jeux Olympiques : l’effet-levier

RM : Au-delà de la promotion, quels ont les efforts à accomplir désormais pour, en quelque sorte, transformer l’essai ?
FV : Nous avons encore des efforts à faire dans le domaine du digital, avec un site commercial encore plus attractif ou des solutions numériques pour, par exemple, faire baisser les files d’attente dans les musées. Mais on sait très bien que notre point faible reste la qualité de l’accueil, et que tout compte, du sourire du cafetier jusqu’à la qualité des renseignements dans les gares ou les aéroports… Nous comptons beaucoup sur « l’effet JO » pour améliorer l’offre globale et faire un saut qualitatif décisif d’ici aux Jeux Olympiques de 2024. Ce sera à coup sûr un formidable levier.

RM : Faire venir du monde c’est bien, le faire rester c’est mieux : la durée moyenne de séjour dans la capitale ne dépasse pas trois jours. Comment l’augmenter ?
FV : Cela passe par la diversification de l’offre touristique. Paris est et reste la première porte d’entrée touristique au monde. C’est le joyau de la couronne, avec ses passages obligés, du Louvre à la Tour Eiffel, mais aussi beaucoup d’autres possibilités à faire connaître.
Et puis il y a tout autour d’autres pierres précieuses à découvrir, dans toute la région Île-de-France, de Versailles à Vaux-le-Vicomte, en passant par le tourisme rural à deux pas de Paris.
Je ne voudrais pas prêcher pour ma paroisse, mais par exemple on ne sait pas assez que nous organisons des balades en traîneau tirés par des chiens à travers la forêt de Fontainebleau !
Donc il faut proposer davantage de « packages », donner envie de rester un peu plus longtemps, et aussi envie de revenir.

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